23h sur la Pyramid Stage des Transardentes, Dirtyphonics démarre son live. C’est parti pour une heure de folie et de Drum and Bass. C’est après le show que je les retrouve Backstage pour parler Drum and Bass, festival et album photo !

Dans les loges avec Dirtyphonics

Dnbfrance : Deuxième année de suite aux Transardentes ?

Pitchin : Oui c’est la deuxième année qu’on joue ici ! Mais le gros changement cette année par rapport à l’année dernière, c’est qu’on est dans la grande salle. En 2012, elle était vraiment Electro : Cassius, Boys Noize, Birdy Nam Nam… Quand on regarde le Line Up de cette année, sur la grande scène c’est : Noisia, Chase & Status, Pendulum, Dirtyphonics, Delta Heavy, Loadstar… C’est la drum and bass ! C’est hallucinant la place qu’on a maintenant !

Etonnés de voir votre nom sur la première scène à coté de Chase and Status, Pendulum, Noisia ?

Pitchin : On n’est pas étonnés d’être avec eux, on est étonnés du fait que des artistes, à la base drum and bass, soit headliner sur la main stage !

Julien : De voir que la bass music est si présente, et sur la Pyramid (première scène), ça fait hyper plaisir d’être autant représenté, ce n’est pas si commun, et on tient à le souligner.

La Belgique, c’est donc un pays pour la drum quand on voit les programmations des festivals ?

Pitchin : On le voit ce soir ! Mais y’a aussi Pukkelpop qu’est un festival de la malade ! Et Dour évidemment !

Julien : Y’a 2 ans DOUR c’était malade, 9000 personnes dans un chapiteau de 7000, niveau son ca envoi la casserole ! Et au niveau du Line Up c’est un des meilleurs, c’est la référence du festival belge underground.

Pitchin : Un détail plus technique, mais la différence pour nous à Dour c’est le set up, en gros le problème des gros festivals c’est que les Djs sont loin du public, on est plus en milieu ou fond de scène, à Dour on était en bout de scène, et c’est un truc de fou parce que ça procure la même énergie que dans un club mais dans un festival ! Ça nous a mis une claque ! Les gens criaient tellement fort qu’on entendait plus les retours !

Tomorrowland

Vous y retournez cette année ?

Pitchin : On est au Tommorowland cette année donc on y joue pas, mais pourquoi pas l’an prochain !

C’est ce qui se fait de mieux Dour ?

Pitchin : Y’a aussi Pukkelpop ! C’est simple c’est un des meilleurs concerts qu’on ait fait de notre vie, on a joué à 16h, et ce n’était pas nous le show, c’était le public ! A certains moments tout le dancefloor s’assoie alors que t’as rien demandé, le track drop, et ça jump ! ça pogotte, ça slame ça chante ! Ils connaissent tout ! C’est surement dans notre top 3 des concerts !

Charly : Quelque soit la ville dans le monde, on est toujours content de rencontrer des gens, découvrir leur culture etc. On est content de pouvoir partager quelque chose avec notre musique, que ce soit au Sziget, en France, en Australie… À partir du moment où en face, comme ce soir, les gens veulent autant faire la fête que nous et partager un truc, on est à fond ! C’est nul à dire, c’est cliché, mais y’a une énergie qu’on partage, et pour nous y’a pas mieux !

Pirate Station

Pirate Station

D’autres festivals

Julien : EDC Puerto Rico parce que tout le monde danse ! Même le mec de la sécu !

Pitchin : si tu veux résumer Puerto Rico, pour des mecs de dnb comme nous, c’est l’endroit ou tu rêve de jouer, à la radio ils passent de la dnb ! Du Dirty du Loadstar… c’est le paradis ! L’équivalent de Carrefour là-bas, y’a de la dnb dans les rayons ! Y’a fresh et sub focus ! C’est normal en fait !

En Belgique, on a hâte de voir Tomorrowland ! Là les transardentes encore de la bombe ! Et Pirate Station en Russie, 25000 personnes en indoor, une production de malade mentale ! (Loadstar arrive et salue tout le monde)

Un peu plus technique pour les inscrits de dnbfrance, comment ça se passe sur scène ?

Pitchin : Pour faire simple : 2 djs sur 4 platines, et 2 autres sur MPC. Quand on joue nos morceaux, les 2 sur MPC jouent toutes les basses, tous les leed, tous les sub et certains effets. Aux MPC c’est Thomas et Julien. Charlie et moi (Pitchin) on est aux platines, c’est un « mega-mix-mash-up » à 4 platines avec nos morceaux que Thomas et Julien jouent en live. Quand on joue d’autres morceaux, ils ajoutent, par exemples un lead de Prodigy hyper connu, une guitare de Metallica qu’on a découpé. On a des banques et des banques de samples, qu’on load au fur et à mesures, on a fait plein de découpages de pleins de samples de morceaux de maintenant, ou à l’ancienne, et après en fonction des lives et des sélections on adapte. Après y’a des trucs un peu plus techniques, on a un Moog Filter pour faire les woobble des basses et on a un Kaoss Pad pour faire tous les effets, tous les flanger ou tous les filtres sur les basses et sur les leads. Et sur les 2 tables de mixage qu’on utilise y’a pas mal d’effets.

Niveau actu ?

Thomas : On a un remix de Linkin park qui sort bientôt, le deuxième single de l’album qui s’appelle « walk in the fire » qui sort avec des remixes de Culprate et Schoolboy. Ensuite on a l’album qui sort le 19 mars 2013 sur Dim Mak records. On commence une tournée en Amérique du nord le 13 mars, on y reste deux mois et demi pour 45 dates !

Session Skate à Santa Barbara

Encore l’Amérique du Nord ?

Julien : Oui ! Et on ne peut pas en avoir marre, y’a une énergie, et spécialement en Californie, où on vend plus de musique là-bas que dans tout le reste des USA réunis. Ils sont à fond Bass music, notre label est basé là-bas, le management est basé là-bas, donc on bouge beaucoup, avec l’Europe c’est là où on tourne le plus. Ils n’ont pas la même culture dnb qu’en Europe, ça fait seulement quelques années que c’est là, et c’est arrivé par le Dubstep. Ça fait un public différent de l’Europe. Peu importe où on est bookés, on va partout, on est chauds bouillants !

Pitchin : Et pour revenir à l’actu, on a fait des remixes de Marylin Monson, Excision et Datsik, Forreign Beggars, ça faisait longtemps qu’on les suivait, qu’ils nous suivaient, ça s’est fait tout naturellement. Comme Thomas le disait, on a sorti le premier single « DIRTY » en novembre avec 4 remix, de Metrik, qui pour nous est un des meilleurs producteur de Drum and bass, professionnellement il est parfait. Un remix de Darth & Vader, un bresilien qui arrache tout, 12th planet un pote de L.A. et un remix trap de notre ami Nicolas Malinowsky.

Vous connaissez tout le monde dans le métier maintenant ?

Pitchin : C’est à force de tourner et d’aller partout, on rencontre les mêmes, tiens (me montre un membre de Noisia à quelques mètres), Noisia on les voit partout, ils sont encore là ce soir, comme Pendulum, Chase and Status, Delta Heavy c’est pareil, on était avec Loadstar la semaine dernière ! Et c’est ça qu’est cool, pour demander des remix c’est direct. On fait des remixes Swap, ils nous en font un on leurs en fait un…. On s’envoie les parts et voilà ! Avec Forreign Beggars on leurs à fait un remix, et ils ont posé pour nous sur un track de l’album, c’est donnant donnant et ça va vite.

Et tout ça aux 4 coins de la planète !

Pitchin : Asie, Europe, Australie, Amérique ! Même si c’est une vie de malade t’es toujours un nouvel arrivant pour une ville, une scène… et nous depuis le début on fait de la dnb, et de plus en plus on joue sur des scènes pas exclusivement dnb, et on n’est pas forcement connus, à chaque fois on doit « conquérir » le public. On a envie de faire ça pendant encore 15 – 20 ans ! Donc à chaque fois qu’on joue on fait comme si c’est la dernière fois, on donne tout on n’a rien à perdre, et ça peut vite s’arrêter.

Julien : On profite, on est entre potes, on kiff forcement !

Un mot sur votre album de seins ?

Pitchin : C’est simple, à notre plus grande surprise y’a 4 ans en Russie à Pirate Station, des gens sont venus et nous ont demandé de signer des autographes. On a passé 2h à en signer ! Des billets, des feuilles, des t-shirts, des cartes bleues, tout et n’importe quoi ! Et des filles ont commencé à montrer leurs seins ! C’est tellement cliché que c’est drôle ! Et ça c’est reproduit presque à toutes les dates ! On s’est dit : bon il faut trouver un truc plus rapide parce qu’on n’est pas assez efficace ! Thomas, a pensé aux tampons ! Du coup à chaque fois qu’on arrivait vers les filles elles levaient leurs t-shirts ! Et on à tamponner des gens partout ! Langue, front, bras, fesses… Le coté exclusif c’est qu’il n’y en a que 4, donc si t’as un coup de tampon, c’est forcement nous qui l’avons mis !

On a toujours été sérieux sur la communication, c’est carré on dépasse jamais, mais on s’est dit qu’il fallait aussi faire un truc léger, ca détend, on rigole, on le prend pas au sérieux ! C’est bonne ambiance…

Vous faite quoi après ?

Pitchin : On est là jusqu’à la fin ! Noisia, Pendulum, Loadstar, Delta ! C’est des potes on vient les voir ! On est dans le festival jusqu’à ce qu’ils nous mettent dehors !

Une dernière question pour la route, si on fait une soirée dnbfrance et qu’on fait venir Dirtyphonics pour la première ?

Pitchin : Pas de soucis !

Un gros merci à Quentin Thomé (Esbahn) pour l’interview, aux Dirtyphonics pour leur disponibilité, à Jean-Yves et à toute l’équipe des Transardentes.

Interview réalisé lors du festival « Les Transardentes » le 26 janvier 2013 à Liège (Belgique).