Ce week-end on était à Lyon pour la soirée Drum & Bass du festival Reperkusound avec à l’affiche Netsky Live, Pendulum et Friction. Il est 23h, on boit un punch dans l’espace presse en attendant l’arrivée de Netsky. A 23h10 Netsky et son manager font leur apparition, on le salue et c’est parti pour une demie heure d’interview avant son live.

Tu viens de Belgique, côté flamand, tu parles un peu français ?

Un petit peu…

Tu l’as étudié à l’école ?

Oui, en primaire puis un peu au collège. Mais tu oublies tout quand tu ne le pratiques pas… j’ai quand même un peu honte de l’avoir oublié !

A 24 ans, tu es l’un des DJ dnb les plus connus dans le monde, comment tu le vis ?

C’est génial car je peux jouer aux quatre coins du monde et j’ai aussi l’opportunité de me produire avec des musiciens, c’est vraiment incroyable. Jamais je n’aurais imaginé pouvoir en arriver là. En fait, j’avais pour ambition de devenir producteur et de travailler dans la musique mais même plus jeune, je n’ai jamais rêvé de jouer sur scène ou d’être célèbre ou quoi que ce soit. Je suis vraiment heureux sur scène, je suis dans mon élément mais ce n’était pas mon but ultime dans la vie, même si j’apprécie énormément de pouvoir le faire.

Tout est allé très vite pour toi, racontes nous un peu ton parcours.

C’est marrant. Après le lycée, j’ai fait des études dans le multimédia pendant deux ans à Mechelen, près d’Anvers. Je voulais travailler dans l’audio et la vidéo, mais je faisais déjà de la musique à côté. J’ai laissé tomber les cours à la fin de ma deuxième année car je travaillais sur mon album. J’avais commencé à bosser dessus pendant ma deuxième année et j’ai dû faire un choix entre poursuivre mes études ou me concentrer sur ma musique. J’ai choisi de bosser sur mon album et j’ai commencé à sortir de bons sons avec le label Hospital Record. Ils m’ont vraiment soutenu depuis le début. A partir de là, tout est allé très vite car mon premier album m’a permis de me produire sur des scènes underground et j’ai commencé à beaucoup tourner en Europe et un peu aux Etas-Unis. Aujourd’hui, avec mon deuxième album, on est un peu moins dans l’underground et je peux désormais me produire accompagné de musiciens et ça nous permet de ne plus seulement jouer dans des clubs mais aussi dans des festivals comme ce soir, et je trouve ça génial. Je ne joue plus uniquement dans des soirées dnb, mais dans des soirées avec des genres très variés, et j’apprécie énormément.

En effet tu joues désormais avec des musiciens et plus seulement en live set. Comment ça s’organise sur scène ?

On joue avec un mec au clavier, un batteur, un MC plus des micros pour les vocal en fond. Le mec au clavier joue toutes les musiques de fond et moi je joue les mélodies. J’adore toujours mixer et j’aimerai toujours ça, mais c’est génial d’être en tournée avec un groupe et de se lever le matin ensemble, de faire des bœufs, d’apprendre à vivre et à jouer ensemble. C’est bien plus d’aventure qu’un live set. Aujourd’hui, je n’ai plus de stress à mixer seul sur scène, mais avec des musiciens, tu te sens plus concerné, tu dois t’adapter et te donner à fond pour que le groupe fonctionne bien.

Tu joues aussi parfois avec la guitare piano. Tu l’as ce soir ?

Non pas ce soir. Pour être honnête, c’est pas évident de jouer avec car t’es obligé de pratiquement te la scotcher à l’épaule pour que ça tienne donc c’est pas pratique. Mais l’aspect visuel est cool, tu peux te rapprocher de la foule et en jouer juste devant le public, ça apporte vraiment quelque chose au show. Et puis tu es plus à même de faire des erreurs avec cet instrument, et c’est cool de pouvoir faire des erreurs ! Quand tu mix, tu as tendance à faire moins d’erreurs, mais quand tu es avec des musiciens, tu dois vraiment t’appliquer pour que ça rende bien et que le show soit réussi, et ça rend le spectacle carrément plus vivant.

En tant que belge, tu connais une blague sur les français ?

Oui…mais là j’en ai aucune qui me vient.(Il demande à son attaché de presse, qui n’en connaît pas non plus. On lui en fait une sur les belges, ils se marrent). En fait, les flamands vannent sur les hollandais et les wallons vannent les français.

Si tu n’étais pas le DJ que tu es devenu, tu ferais quoi de ta vie aujourd’hui ?

Probablement un truc dans le web design, ou dans l’architecture, un truc comme ça. Ou sinon je me plais à penser que je travaillerai dans un studio de musique.

Tu voyages beaucoup, mais souvent tu repars le lendemain. Est-ce que tu as quand même l’opportunité de découvrir les pays dans lesquels tu joues ?

Ça dépend. Par exemple, pour la Nouvelle-Zélande, on a passé une semaine là-bas. Mais c’est vrai que souvent, on fait juste un aller-retour. Le truc cool là-dedans, c’est que tu as juste besoin d’un aperçu de la ville où tu joues pour savoir de suite si tu as envie d’y revenir ou pas. Comme pour Lyon où je suis venu plusieurs fois…

Donc on a réussi l’examen ?

(rires). Oui. Mon père adore la France et mon demi-frère vit à Perpignan, mais je ne le vois pas très souvent.

Justement, tu arrives à passer du temps avec ta famille ?

C’est vrai que mes parents me manquent parfois quand je suis en tournée mais c’est incroyable à quel point ils me soutiennent et m’encouragent. Quand je leur ai dit que je voulais abandonner mes études et faire de la musique, beaucoup de parents auraient refusé mais les miens m’ont beaucoup encouragé, ils veulent que je fasse quelque chose qui me plaise. J’ai vraiment de la chance de les avoir.

Premier artiste dnb à être diffusé à la radio belge, ça te fait quoi ?

En fait je n’ai pas été le premier, mais je trouve ça cool et ça ne me fait pas trop flipper. Ce qui me fait flipper par contre, c’est la télé car les gens veulent te voir à la télé, dans des talk-show, ce genre de trucs, et ça c’est flippant ! Je suis producteur de dnb, pas une foutue célébrité ! C’est marrant de la faire de temps en temps mais ça me fait flipper. Mais c’est fou à quel point la dnb devient populaire.

Tu feras toujours de la dnb quand ce ne sera plus à la mode ?

Pour être honnête, je n’ai jamais fait exclusivement de la dnb. Mon album est environ 60% dnb, mais j’adore essayer d’autres styles, j’adore la house et c’est d’ailleurs ce que je faisais avant de faire de la dnb. Je crois que chaque producteur devrait explorer des genres différents.

De quel artiste es tu fan ?

J’aime vraiment Ed Banger Crew. Je m’écoute aussi le premier Bee Gees en ce moment, et le premier album de Prince.

Tu irais voir quel artiste si il ne fallait en choisir qu’un ?

Michael Jackson. Je suis aussi un grand admirateur de Fat Phaze, j’aimerais bien voir ce que ça donne sur scène. Côté éléctro, j’aimerais bien voir Disclosure, leurs vibes sont énormes.

Tu pourrais faire le remix d’une chanson pourrie ?

(rires) Non je ne pense pas. Enfin, je ne sais pas, peut être si je suis vraiment saoul ou pour un premier avril peut-être !

.. On doit couper court, le manager nous arrête Netsky doit se préparer à monter sur scène. 

 

Un gros merci à Netsky et à son manager pour leur dispo et à toute l’équipe de Mediatone pour leur confiance et leur accueil. Un gros big up pour cette 8ème édition plus que réussie ! 

Enfin un gros merci à la team DnbFrance, et notamment Quentin et Vincent, pour l’interview et la traduction ! Encore une fois un superbe travail d’équipe !

MERCI A TOUS !