June Miller
Robots & Romans LP
Sorti le : 22/06/2015
RAM Records
Après une poignée de singles et un EP en janvier dernier, June Miller concrétise sa signature chez RAM records avec un album de 15 titres, « Robots & Romans ».
Le duo néerlandais présente un LP ambitieux structuré en tant qu’œuvre faite d’une seule pièce : les tracks sont fondues les unes aux autres, sans coupures, de façon à donner un rendu homogène. Une volonté des producteurs de présenter une sorte d’« histoire » musicale à part entière.
En résulte un album agréable à l’écoute et au contenu riche dans un style de neurofunk personnel et novateur.



L’album débute avec « Robots & Romans » une ouverture imposante pour installer l’atmosphère. Percussions complexes et sons d’orchestre épiques sont ici de rigueur afin d’amener la tension à son paroxysme. Détail intéressant, on remarque que le son de la bassline ressemble très fortement à celui de « Shellshock » de Noisia. Influence sous-jacente ou référence assumée ?

On rentre dans le vif du sujet sur « Chain Of Strengh », redoutable banger neurofunk, puis avec l’original «Slow Down » et sa basse « hâchée » qui donne une formidable ambiance sombre et percussive.
L’atmosphère se détend sur “We Are Not Human” en featuring avec la vocaliste Hannah Lux qui introduit une touche liquidfunk bercée par des synthés mélodiques et une belle ligne de piano.

La partie centrale de l’album est dense, marquée par des tracks puissantes, agressives et apocalyptiques aux basses acides et aux beats violents tel que « Last Night on Earth», « Bad Brains » et « Brace ». Des sonorités épileptiques qu’affectionne beaucoup le producteur et grand sound designer Mefjus, présent d’ailleurs sur « Saus », bestial et rugueux.

La fin de l’album se tourne vers une énergie plus en retenue. Des tracks teintées de hip hop comme « Stormtrooper » et « Oblivious » viennent faire redescendre le tempo, tandis que « Further Seems Forever » et « Ups & Downs » apportent un peu de douceur.

Les trois interludes de l’album comportent des titres en langue étrangère, respectivement en chinois, en grec et en russe. Les deux premiers interludes « 地球での最後の夜 » et « Περαιτέρω φαίνεται για πάντα » se traduisent par les titres « Last Night on Earth » et « Further Seems Forever » tandis que « интерлюдия » signifie simplement « interlude ». Un élément narratif de l’album ? On attend pour le savoir l’interview de June Miller à propos de l’album, à venir sur le site de RAM records.

De manière globale, on remarque sur « Robots & Romans » une focalisation sur le travail des couleurs sonores. Un remarquable sens de la composition alliant maitrise du son et sensibilité artistique, à la pointe des techniques de production actuelles.
June Miller a su se démarquer de la vague actuelle de neurofunk par sa constante recherche d’expérimentations sonores et stylistiques. Une identité affirmée et cependant en évolution permanente. Un combo gagnant qui fait la marque de leur succès.
Détail à relever: on déplore que cinq tracks de l’album (en comptant le sampler sorti en mai) soient déjà parues sur le label plus tôt dans l’année. Un procédé déjà utilisé récemment chez Viper Recordings avec « City Of Gold » LP de Prototypes, qui rend la sortie moins intéressante car partiellement exclusive. Cependant, la construction de l’album en un « bloc » amène de la fraîcheur aux tracks « Saus » ou encore « Bad Brains » déjà sorties au début de l’année sur L’EP « Ups & Downs ».
Charles Fourcassié