Après avoir fait le point sur l’excellente année DNB 2015,  regardons cette semaine ce qui nous attend en 2016. Une année qui promet d’être tout aussi prolifique et créative, avec l’émergence de nouveaux artistes et de projets collaboratifs pour le moins enthousiasmants.
S’il on peut relever des annonces aussi magistrales que l’EP « Ivy Lab x Alix perez » ou encore l’introduction du trio français Signs sur « Division », label mid-tempo des géants Noisia, nous nous concentrerons ici essentiellement sur les figures émergentes du style, les nouveaux arrivants de la scène.
Voici donc sept producteurs à suivre à tout prix en 2016, et on vous explique pourquoi :
Was A Be

Ce duo de producteurs italien s’est illustré l’année dernière pour la première fois sur Flexout Audio avec l’EP « Delirious » de Kiril, puis sur quelques sorties relativement confidentielles sur BNC Express et Subtitles Music. C’est réellement avec la sortie récente du « Fabriclive 84 » mixé par Dub Phizix que Was A Be suscite l’attention, le mix comportant un grand nombre de dubplates du duo absolument époustouflantes. Du halftime complexe et groovy dans la pure tradition « chicago footwork » qui ravira les fans de Machinedrum et Mr. Carmack.

Signal

En l’espace de seulement deux ans, le très jeune Signal a connu une ascension fulgurante et s’est érigé comme l’incontestable nouveau petit génie du neurofunk. Après avoir fait ses premières armes sur Fumei, label méconnu mais à la sélection artistique exigeante et de qualité, le producteur se fait plus amplement connaitre grâce à un single sur Overtech Music avec HYQXYZ et gagne encore en notoriété en signant « Binary Vol.7 » sur la prestigieuse enseigne Critical Music. Un neurofunk technique et sombre empreint d’expérimentations innovantes qui a déjà su séduire des figures telles que Noisia et June Miller.

Fractale

Un trio italien prometteur, lui aussi à l’ascension fulgurante. C’est ni plus ni moins sur RAM records que Fractale signe son premier titre « Let Me » puis se tourne vers les français de Vandal Records, d’abord sur la compilation « Modern Soul » avec le magnifique titre « Forest » puis avec un premier single, «Believe/Never Change ». Le style du trio, orienté au départ vers un liquidfunk technique et moderne, semble se tourner désormais vers des quelque chose de plus neurofunk, cependant toujours relativement « hybride » dans les sonorités.

GLXY

Une nouvelle tête pour le liquidfunk anglais. GLXY a fait preuve d’un travail très prolifique en 2015, avec plus d’une dizaine de sorties en à peine plus d’un an. Des sorties notables sur Soulvent Records, Terabyte Records et récemment sur MTA. GLXY opère dans un liquid moderne, soul et brillant dans la veine de LSB, produit avec une grande finesse. Mention spéciale aux drums caractéristiques du producteur, marqués par un kick puissant et des snares claquantes tout à fait savoureuses.

Lurch

Un producteur versatile à l’univers varié, partagé entre un liquidfunk jazzy et organique et atmosphères plus sombres et minimales. Lurch a délivré en 2015 de très bons crus, notamment avec deux EPs funky sur Vibration Records et Soul Deep recordings, dont les sonorités allient brillamment une production moderne à des vibes jungle.

Disprove

Encore un italien, et pas des moindre. Si l’on ne peut pas réellement parler de figure émergente dans le cas de Disprove, on peut tout de même constater que c’est réellement à partir de 2014 que le producteur se fait sa place sur la scène dnb. Après une période mid-tempo façon Mr. Bill ou encore Skope courant 2013, Disprove retourne vers le 170bpm en force avec « Lockheed », énorme banger en collaboration avec Teknian et Ordure. S’en suit quelques apparitions remarquables, avec notamment Skope, Maztek, MC Maksim et tout récemment sur les labels Invisible et Eatbrain. On attend impatiemment des sorties plus fournies de la part du producteur courant 2016.

Bl4ck Owlz

Un petit focus sur la scène française pour terminer le classement. Le duo toulousain Bl4ck Owlz s’est démarqué par son style audacieux mariant metal et neurofunk. Une alliance qui pourrait sembler évidente aux premiers abords mais qui au-delà des apparences peut s’avérer terriblement périlleuse. On ne compte effectivement plus le nombre de producteurs qui, en manque de sensations fortes, ont tentés d’associer dance music et metal pour aboutir à des hybrides d’un monstrueux mauvais goût. Cependant Bl4ck Owlz déroge à la règle avec des tracks efficaces et bien dosées qui fusionnent les genres très habillement et sobrement. Ils ont fait parlé d’eux en 2015 en gagnant le concours de production lancé par Evol Intent avec leur remix de « Middle Of The Night » puis ont provoqués l’engouement avec leur reprise instrumentale de Noisia, « Incessant ». On en attend d’avantage en 2016 et on espère de belles surprises de la part du duo.

Charles Fourcassié