Various Artists
Modern Soul 2 LP

Sorti le: 07/15/2016
Vandal LTD
On vous parlait il y a un an de la première compilation « Modern Soul » de Vandal LTD (sous-branche de Vandal Records), un concentré de vibes chaleureuses qui avaient particulièrement attirés notre attention. Cet été, le label toulousain remet le couvert avec « Modern Soul 2″, un nouvel LP qui reprend la ligne de conduite du premier volet très liquid tout en s’ouvrant à de nouvelles sonorités, notament le halfbeat. Un concentré de drum & bass mélodique rassemblant newcomers et artistes de renom, explorant largement le spectre du genre dans ce qu’il fait de plus deep et soulful.


L’album débute sur les notes fraîches de « Studio Cat », une track délivrée par Shield, égérie du moment en termes de future beat, déjà supporté entre autres par Ivy Lab et Dub Phizix. Une irrésistible mélodie de plucks bancales, des saw chords brillants et une drumine hip hop bouncy qui ouvrent l’opus en beauté. On reste dans la même veine avec « Sky Flow » du toulousain Monty, étoile montante de la scène française tout récemment signé sur la série « Binary » de Critical Music. Une track à la construction riche et aux textures recherchées, menée par une superbe ligne de basses rappelant le son d’une contrebasse. La maîtrise des éléments et des techniques de production sont ici de rigueur. L’atmosphère évolue sur « Turn Back Time » de Greazus et BSN Posse pour se muer en une sorte de footwork épuré et profond: une reese basse ronronnante, des voix soul et une drum aux sons « TR 808″ véloces.
La compilation compte cependant beaucoup de rollers liquidfunk, comprenant une poignée de pépites. On retient en tout premier lieu « Profile » de Level 2 et « Maroon » de Chromatic dans une veine très smooth ainsi que « Captivate » de Adred et Manos, plus breaké. Les londoniens de GLYX apportent leur touche brillante et dancefloor sur « Lies feat. BLAKE ». Random Movement vient également régaler nos oreilles avec « Restless Arm Syndrome » et ses samples de saxophone romantique. A noter également l’excellent « What She Wants » de Redeyes, décidément très en forme sur ces dernières sorties. Un ligne vocale mélancolique accompagnée d’un piano jazzy qui n’est pas sans rappeler le style de Alix Perez. On retrouve d’ailleurs ce dernier avec un remix de « Closer To The Fire » de Kolectiv, une track minimaliste et sombre dans l’esprit de Skeptical.
L’album compte également son lot de morceaux hybrides, aux ambiances plus aventureuses. Levrige signe ainsi un « Wise Guy » halftime aux inspirations clairement dub, tandis que Kabuki rentre dans le registre de la minimal drum & bass sur « Pyrex (160 bpm mix) », rappelant Loxy & Resound par son kick puissant. Intéressante track également de la part de ReDarft et Kid Kun qui nous offre sur « Gunman » des influences footwork et jungle qui jouent entre accords façon metalheadz 90′ et vocaux répétitifs. A noter également le très bon roller du marseillais Joakuim, avec une drumline claquante, une composition simple et bien construite ainsi qu’une sub basse puissante pour un tout à l’ambiance très old school, tout comme « Screenplay » de Tim Reaper et ses drums jungle.
L’opus se termine par le remix de Halogenix de « Cash Or Credit » de Random Movement. Une version plus torturée que l’originale et plus agressive. Le producteur anglais vient ici apporter sa touche avec des basses digitales sinueuses, aigre et ses drums complexes.

Ce deuxième « Modern Soul » est marqué par une ouverture à de nouveaux styles et de nouveaux artistes, tout en gardant encore une fois une ligne artistique d’une cohérence irréfutable. La compilation regroupe des producteurs venant des quatre coins du globe mais aussi quelques français. Vandal Records, toujours à l’affût de nouveaux talents, se place une nouvelle fois comme leader de la scène française avec une sortie à la sélection exigeante et un esprit définitivement tourné vers l’avenir. L’Hexagone semble depuis deux ans de plus en plus fertile aux producteurs et suscite un intérêt croisant sur la scène internationale. L’apparition de nouveaux labels donne également lieu de penser à une prolifération des tracks « made in France ». Le futur est en marche !
Charles Fourcassié