A l’occasion de la tournée French Plates 2017, on a décidé de vous présenter les crews qui nous accueillent sur chacune des dates. On commence la série par les grenoblois de Bass Jump qui nous reçoivent le 8 avril prochain pour la 3ème date de la tournée avec 3 artistes de la compilation : Vici, Trail et SBZ. Entretien avec l’un de leur membre : Matt Tracker.

Présente-toi, ainsi que ton crew, tous les gens qui le composent, etc.

Je m’appelle Maxime Scribante a.k.a Matt Tracker, je fais partie du Crew « Bass Jump », basé à Grenoble (Isère) aux côtés de Woodslide, Don Germano, Jayh Mo’Fire, General Haze, StuffMaker et le petit dernier, Vici. 

Raconte-nous un peu les débuts du crew? Son histoire, son évolution, etc.

Le Crew s’est crée en 2010, sous l’impulsion de membres de 2 collectifs « Fréquence Sonore » (dont je faisais parti) et « Rollin Bass » avec pour objectif, la promotion de la culture D&B sur Grenoble par le biais de l’organisation d’événements dédiés et le booking d’artistes nationaux et internationaux. On a commencé par booker des grosses têtes de la scène qu’on avait encore jamais vu à Grenoble (Aphrodite, Dirtyphonics), histoire de se faire connaitre et de se faire de la trésorerie. Puis on a enchainé avec des booking un peu plus pointus (Kasra, S.P.Y, InsideInfo, Enei, Metalheadz & Dispatch Label Night) qui correspondaient avec la vision de la D&B qu’on souhaitait proposer au public. On a aussi créé un festival Bass Music (Bassodrome Festival) aux côtés des copains d’Eddy Rumas qui en est à sa 5° édition.

Niveau Drum & Bass, dans ta ville ça se passe comment?

Euh, bah, on va dire qu’on n’est pas trop embêté par la concurrence. Bass Jump jouit un peu du monopole en ce qui concerne la D&B bien que quelques assos bookent aussi des artistes D&B de manière épisodique. Par contre, on a un public d’habitués qui nous suit depuis le début dans nos différentes soirées en Club et en Bar.

Est-ce que tu rencontres des problèmes dans ta ville pour l’organisation de tes évènements (type de salle / budget, etc). Si oui, lesquels ?

Quand t’as choisi d’être promoteur DNB de toute façon tu sais que ça sera galère. Entre la mauvaise image véhiculée par le style, encore associé en 2017 au mouvement Free Party et à la drogue, et la frilosité des clubs à en programmer, c’est parfois compliqué d’être pris au sérieux. On a pas mal eu de soucis au niveau des ouvertures tardives à Grenoble et on a du monter au créneau avec d’autres collectifs électroniques pour avoir gain de cause.( http://bit.ly/2ngpado ). Après, avec 3 clubs accueillants (L’Ampérage, Le Drak’art et dans une moindre mesure, la Belle Electrique) et de nombreux bars, on n’est pas non plus à plaindre à Grenoble par rapport à la taille de la ville.

Quels moyens pourraient être mis en place pour faciliter l’organisation de tes évènements ?

Chez Bass Jump, on a l’habitude et le goût de l’indépendance, on aime bien le fait de n’avoir de compte à rendre à personne, alors on n’attend pas que quelqu’un mette en place un dispositif ou vienne nous donner de l’argent. On essaie de se débrouiller avec notre réseau et une bonne dose de DIY.

La date dont vous êtes les plus fiers

Accueillir Metalheadz pour la tournée du 20° anniversaire a été forcément un grand moment pour le crew, mais je me rappelle aussi de S.P.Y dans le cadre du « Back to Basics L.P Tour » qui a été exceptionnelle, un des plus beaux moments de D&B sur scène qu’il m’ait été donné de voir. La fois où on a fait venir A.M.C pour sa première date en France dans une salle minuscule à Lyon, au tout début de Titan, quand personne le connaissait….. avec le recul, tu te dis qu’on a eu le nez creux.

Qu’est-ce que tu penses de la scène Française en ce moment?

Beaucoup de bien ! La nouvelle génération de producteurs (dont Vici fait parti) est vraiment hallucinante et j’ai vraiment l’impression que la scène Française commence à rayonner à l’international avec Signs, The Clamps, Monty et autres. La création de labels comme Impact et Hyperactivity prouve aussi la vitalité et l’envie de certains français de faire vivre le mouvement autrement qu’en mixant et produisant. Pour les promoteurs, c’est moins la fête parce qu’à part Paris et Toulouse qui sortent leur épingle du jeu en proposant des plateaux qui rivalisent avec certaines prod anglaises, on voit bien que ça reste compliqué dans le reste de la France de proposer des soirées qualitatives de manière régulière sans se mettre en péril financièrement.

Pourquoi avoir voulu accueillir le French Plates Tour?

C’était pour nous une évidence d’accueillir la tournée dans la mesure ou DNB France est le média référence en matière de Drum & Bass en France et que leur implication envers la scène, notamment par le biais de la compilation est remarquable. On ne peut que soutenir leur démarche fédératrice en les accueillant chez nous

La Drum & Bass c’était mieux avant?

Ça fait 25 ans que la Drum & Bass est le son du Futur, donc Non !

D’un point de vue personnel, quels sont tes artistes préférés? Celui que tu rêverais de faire jouer dans ta ville mais qui n’a pas pu se faire encore?

La liste est longue et évolue au fil des années du coup ça risquerait de prendre un peu de temps à tout écrire. J’ai toujours plus penché du côté Jump-Up et Dancefloor de la scène. J’aime beaucoup, et depuis longtemps, tous les artistes de l’écurie Viper, Matrix & Futurebound en tête. Et on a d’ailleurs en ligne de mire Dossa & Locuzzed, eux aussi signés chez Viper, pour notre prochaine grosse soirée.

Raconte-nous ta rencontre avec la Drum & Bass (Quand et comment)? Quel track ou quel évènement t’as fait plonger dedans?

L’appart d’un pote, en 2001, un gars arrive et pose cette track sur la platine.

C’était plié, j’avais signé mon CDI avec la D&B !

Tes 3 titres préférés?

S.P.Y - By Your Side

D-Bridge – True Romance

Ed Rush & Optical – Why? (feat. MC Darrison, Ryme Tyme)

Comme la tradition le veut, on va parler un peu terroir. Ton fromage préféré?

Le Gorgonzola (ou bien le Saint Marcellin pour faire plus produit local)

Ton vin préféré?

Vodka Redbull

Une expression de ta ville?

C’est marrant que vous demandiez ça, y’en a tellement qu’avec Bass Jump et nos potes de Day Zero, on a monté une marque de fringues qui s’appelle « De Gre ou de Force » avec pleins d’expression Grenobloise : Maramé, Choukar, Narvalo, c’est Tchi, A Chaille… https://www.facebook.com/dgodf/

Un petit mot pour finir?

We love you, but we prefer Drum & Bass

Event : 08 avril – French Plates Tour @ Grenoble w/ VICI, Trail, SBZ