Enei
Wolfpack EP
Sorti le: 28/04/2017
Critical Music

Un peu plus d’un an après la sortie de son deuxième album « Rituals », Enei revient sur Critical Music avec un nouvel EP cinq titres nommé « Wolfpack ».
Figure emblématique de la drum & bass actuelle, le producteur de St Petersbourg a depuis ses débuts en 2007 considérablement affiné son style pour finalement aboutir à une signature artistique forte, teintée de jungle et d’influences plus techy. Un son savamment dosé, à mi-chemin entre rollin’ dnb et neurofunk, qui fait désormais école au sein de la scène deep.
Avec « Wolfpack », Enei retourne sur des vibes minimalistes et sombres qui rappellent son premier album « Machines », tout en y intégrant les sonorités de ses productions récentes.
Tour d’horizon sur le contenu de l’EP:

Enei – Wolfpack

L’opus s’ouvre sur son titre éponyme, qui concentre à merveille l’esprit de cette sortie. Une introduction pesante, marquée par des percussions tribales, des sons de horns lointains et un pad linéaire angoissant, tout droit sorti d’un film d’horreur old school. Le drop part, une sub bass sinistre marque le temps, accompagnée de mid basses grinçantes et hachées, repellant vaguement des sonorités jump up. Une combinaison qui fait echo aux récentes productions de Enei, avec notamment la track « Bad Proof », tout à fait dans le même esprit. Côté drums, on reconnait bien le producteur avec ce kick sourd et sa résonance rappelant le son d’un tambour, une texture sonore également très appréciée par des producteurs tels que Fre4knc et Bredren.

Enei – Easter Island

« Easter Island » garde cette atmosphère pesante dès son introduction, agrémentée de sons de cordes d’influences orientales. Un sample vocal robotique annonce un drop ici aussi très sombre. La basse modulante gronde et ondule en laissant échapper des harmoniques à la texture « métallique ». Les fins de mesures sont marquées par une sorte de stab plaintif qui appuie l’ambiance lourde du drop. Le second drop gagne en groove avec l’ajout d’une ligne de congas qui vient donner à la track un coup de fouet bien senti.

Enei – Dark Water feat. Charli Brix

Retour de Charli Brix sur « Dark Water ». Une collaboration qui n’est pas sans faire penser à « Running » et « Just One Look », ou la chanteuse vient également poser sa voix. Ici, l’atmosphère se détend et devient plus aérienne, portée par une drumline rapide roulant sans relâche. La basse à la texture de contrebasse feutrée vient apporter une superbe touche jazzy qui sublime la voix nonchalante et sensuelle de Charli Brix. Un roller punchy aussi bien appréciable pour une écoute relaxante que sur le dancefloor.

Enei – Mirrors

On continue sur une vibe mentale avec l’excellent « Mirrors », qui vient puiser dans l’essence même de la deep drum & bass. Le drop est porté par une sub bass très profonde, qui module avec un son type « reese », filtrer très grave. Les différentes pistes mélodiques se font très discrètes, voir abstraites, laissant la drumline prendre de l’ampleur. On peut admirer le talent du producteur qui saisit magnifiquement l’atmosphère du morceau tout en utilisant très peu d’éléments pour développer l’ambiance. Une performance en terme de composition minimaliste.

Enei – Crunchy

L’EP se termine sur une touche plus surprenante avec « Crunchy », et son beat halfstep. Groovy, la touche hip hop de la track n’est pas sans rappeler le future beat de Ivy Lab, qui semble avoir considérablement influencé Enei sur cette dernière. Les samples vocaux hachés et répétitifs, les détails sonores « wonky », les percussions cristallines noyées dans la réverberation, tout semble rappeler le style du trio londonien, reproduit ici à merveille. Bientôt du Enei sur 20/20 ?

« Wolfpack » EP suit la ligne artistique que Enei tient depuis « Rituals », en piochant dans des inspirations anciennes et des expérimentations plus récentes. La qualité de production est plus que jamais au rendez-vous, la composition comme le mixage étant d’un niveau supérieur.
Les amateurs de drum & bass sombre seront ravis de pouvoir apprécier cet opus 100% deep, qui garde l’esprit des productions signées sur Critical Music sur la période 2010/2013. De la drum & bass pure et dure pour les puristes du genre.

 

Charles Fourcassié