Après avoir découvert en 2015 le Fort Punta Christo et l’Outlook Festival, on avait décidé de reprendre une grosse claque pour fêter les 10 ans de ce festival désormais mythique dans le milieu « bass music ».

Pour ceux qui sont restés enfermés dans une grotte ces 10 dernières années et qui n’auraient jamais entendu parler de l’Outlook, sachez qu’il s’agit d’un des festivals les plus mythiques, voir le plus mythique en Europe ou même au monde dans la sphère Bass Music.

Chaque année, sur la côte Nord de la Croatie, à Pula, on retrouve début septembre la crème de la crème de différents styles musicaux : Drum & Bass, Dubstep, Dub, Grime, Hip Hop, etc. De la musique qui nous vient tout droit d’Angleterre en somme, et le public composé à environ 90% de British (d’après les syndicats) est bien là pour nous le confirmer!

Un tour à la plage et un opening en grande pompe

On débute notre premier jour par un tour sur la scène de la plage, histoire de se familiariser avec les lieux et de profiter du coucher de soleil. L’ambiance est bonne et la scène très peu remplie, plutôt agréable comme début.

Pour cet anniversaire, on a décidé de profiter au maximum du festival, on ne pouvait donc pas manquer le concert d’ouverture prévu dans le magnifique amphithéâtre de Pula.

Un beau programme nous attendait le mercredi à l’amphithéâtre. On manquera le premier concert de DJ Shadow, faute de temps, mais on arrivera pour le début du grand moment de cette soirée : l’Outlook Orchestra.

Le concept est simple, un orchestre symphonique accompagne différents artistes de styles bien différents qui s’enchainent sur la scène de l’amphi. On aura eu droit à une belle introduction notamment avec Horace Andy et Gentlemen Dub Club. Mais en tant que junglists que nous sommes, les moments les plus marquants ont été quand l’orchestre a commencé à jouer à 175 battements par minute, commençant avec Congo Natty et ses classiques (Junglist, Notorious), puis avec General Levy et son mythique « Incredible », grand moment! Le plus touchant de cet orchestre restera tout de même le magnifique morceau de Roni Size « Brown Paper Bag », imaginez un instant entendre ça jouer en live : frissons garantis!

Cette première soirée se finira avec le très bon Dizzee Rascal et son flow dévastateur vacillant entre Hip-hop, grime et Garage. La soirée se finira surtout sur la première pluie du festival, nous obligeant à quitter les lieux assez rapidement.

Un premier soir vite écourté

Pour le premier soir de concerts sur le site du Fort, on arrive sur les coups de 21h et on profitera d’un peu de UK Bass sur la « Garden Stage » réaménagée cette année, bien plus agréable et beaucoup moins en pente que les années précédentes. Cette nouvelle scène a pris au passage une nouvelle dimension cette année, devenant une des scènes principales du site, après la fermeture de la plus grande scène auparavant : le Port.

On se dirige ensuite vers ce qu’on attend le plus ce soir, le fameux B2B entre Alix Perez et Skeptical. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée car une queue d’environ 1h nous attend à la Void, problématique de cette scène fermée et peu volumineuse quand elle attend de gros artistes. On profitera du set de Randall derrière les barrières et on arrivera enfin sur le dancefloor quelques minutes après le début du set des 2 DJs en B2B. Le set est d’une qualité remarquable, on prend clairement notre pied, et là … c’est le drame. La pluie commence à tomber et très rapidement un membre du staff annonce que la soirée est annulée à cause des orages menaçants.

On rentre donc chez nous, comme tous les festivaliers, ce qui amène à quelques mouvements de foules pas forcément agréables.

On apprendra le lendemain matin sur les réseaux sociaux que les concerts ont repris environ deux heures après la coupure, un peu rageant alors que le festival n’avait pas du tout communiqué dans ce sens lors de la coupure et n’avait pas forcément laissé une chance à une possible reprise.

Vendredi, on en profite à fond !

Le vendredi sera un grand jour qui commencera par une boat party, ces fameuses après-midis où l’on profite d’une balade en bateau autour du site le tout en écoutant mixer nos DJs favoris. On a eu la chance de pouvoir avoir un billet pour la boat party « Dispatch x Starwarz » cette année. Au programme à l’origine : Marcus Intalex, Signal, Kyrist. Au vu des événements récents (RIP Marcus), Ant TC1 et Jubei assure la relève du producteur subitement disparu.

Le temps est avec nous sur le bateau et on peut profiter des sets dans une ambiance détendue. Les sets s’enchaînent vite, la plupart finissant avec un morceau en hommage à Mr Intalex. Le finish de Signal montera d’un cran en intensité et en violence par rapport aux sets précédents qui étaient plutôt dans une vibe beaucoup plus deep / rollin.

À la fin de cette croisière qui nous aura bien mis en jambe, on rejoint rapidement la scène de la plage pour profiter de la fin du set de DJ Marky, des vibes qui sentent bon le soleil et l’été, ça colle parfaitement au cadre !

On entrera ensuite dans l’enceinte du festival et dans la petite Ballroom dédiée au label Vandal Records et aux DJs français ayant accueillis des « Launch Parties » cette saison. On assistera au set du grenoblois Jayh Mo’Fire, toujours propre et efficace. S’en suivra un set halfbeat de Shield qui nous étonnera par la qualité de sa sélection.

Direction ensuite le Garden : la scène qu’on aura le plus squatté cette année ! Ce soir au programme, c’est Critical Music, et ce n’est pas pour nous déplaire tant on apprécie ce label dans l’équipe. Un début en douceur avec Sam Binga, puis un peu plus énervé avec le boss du label : Kasra. Ce dernier nous servira un set bien éclectique d’une sélection et d’une efficacité remarquable. Place ensuite à Mefjus pour un set d’une violence ultime, on n’était clairement pas prêts pour ça. L’autrichien enchaîne les morceaux dévastateurs et nous fatigue littéralement !

On choisira un peu de repos et de changement de vibes pour un peu de Deep Dubstep avec Sir Spyro et le très réputé Mala, patron du label Deep Medi.

Retour ensuite en terre sainte pour poursuivre le marathon Critical, cette fois c’est Ivy Lab aux commandes pour un set full halfbeat / Hip Hop, mention spéciale au finish avec le morceau « Bigger Than Hip Hop », on s’en souviendra un moment ! C’est Emperor qui prendra la suite pour un set un peu plus violent, enchainements efficaces et bonnes vibes, on en redemande.

On part faire un break sur la « Clearing » pour entendre de la UK Bass avec le duo My Nu Leng. À un moment, on se dit que le set pourrait virer Drum & Bass car les 2 compères viennent tout juste de sortir leur premier EP chez Shogun Audio. Ils nous donneront raison très rapidement, et de quelle manière ! Une partie DNB orientée dancefloor / jump up / bangers mixée avec beaucoup de soin qui nous bouleverse totalement !

Après cette belle surprise, on retrouve notre scène Critical du soir avec Enei pour un set dans la même veine qu’Emperor également très réussi avec de jolis passages liquid et surtout un finish en apothéose sur « The View ».

Signal aura la tâche de clôturer cette scène, le set est puissant mais un peu trop ressemblant à ce qu’on a pu voir l’après-midi même sur la boat party, un peu dommage pour ceux qui ont assisté aux 2 sets.

Une grosse journée bien remplie, bien contrastée avec la précédente très vite arrêtée par la pluie, on est aux anges en quittant le festival à la fermeture !

Samedi, la pluie épisode 2.

Pour démarrer notre samedi, on choisira de commencer un peu plus tard que le soir précédent. On arrive sur les coups de 23h pour voir Spectrasoul sur le garden, scène dédiée au label Shogun.

Le set est parfait pour un début de soirée : vibes deep, liquid ou halfstep. On notera notamment un morceau inconnu au bataillon ressemblant étrangement à celui de Dimension – UK, les vocales en moins. Un morceau qui devrait probablement sortir bientôt, affaire à suivre !

L’artiste suivant ne sera pas en DJ set, assez rare pour être signalé, il s’agit d’Icicle et de son live. Un peu déçu par cette configuration lorsqu’on l’avait vu 2 ans auparavant, on part un peu sceptique. Icicle nous fera mentir car la prestation était fort agréable, bien qu’avec quelques plus grands moments de flottements ou de montées plus longues qu’un DJ set.

Après ça, place au patron : Friction, pour un set « Old School ». On entendra de gros classiques mixés avec goût et précision, fort appréciable.

Et là, … c’est le drame épisode 2 : la pluie fait son grand retour !

On reste quelques dizaines de minutes sous la pluie, mais elle devient ensuite plus insistante et on préfère rentrer chez nous pour se mettre au sec, en espérant peut être que la soirée reprendra plus tard.

On apprendra par des français restés sur place que les concerts auront repris à peine une heure plus tard.
De retour sur le site une heure et demie plus tard, nous arrivons motivés comme jamais pendant le D&B set de My Nu Leng ! Pas de surprise vu la prestation d’hier soir, un set d’une grande précision, avec néanmoins un peu moins de bangers et de jump up. S’en suit un set de l’excellentissime Rockwell qui a su une fois de plus conquérir la foule avec son style légendaire, après l’avoir vu plusieurs fois, on peut dire que c’est toujours un plaisir. Enfin pour clôturer la soirée c’est l’australien Safire qui prendra les commandes, avec un set orienté deep bien minimaliste. Parfait pour terminer, les jambes commencent à être lourdes !

Dimanche, le finish en apothéose.

Pour ce dernier jour de concerts, on arrivera encore plus tard que la veille, les esprits commencent à être un peu fatigués et le temps maussade ne nous motive pas forcément à partir très tôt sur le festival.

En arrivant, on en profite pour voir un peu de Dubstep et de Grime avec Bukez Finest et Youngsta. On ira aussi faire une petite visite de la scène Mungo’s pour écouter un peu de Dub.

En attendant que débute nos DJs Drum & Bass favoris, on ira aussi dans la mythique scène « The Moat » pour se délecter d’un peu de Garage dans un sol boueux au possible.

On arrive ensuite à notre point de ralliement : le Garden. À notre arrivée, on assiste à la fin du set de Sam Binga B2B Chimpo. La suite sera assurée par le légendaire DJ et producteur Randall. Le set est d’une qualité remarquable et on apprécie totalement la vibe old school proposée. Le set du DJ suivant, lui aussi un nom mythique de la scène et de la vieille école: Kenny Ken, restera dans cette même lignée et on en profitera quelques instants.

Notre programme nous indique ensuite de nous rendre sur la Clearing, la scène principale du festival, pour assister au second set de Friction (qui avait joué la veille sur la scène Shogun en mode « old school » pour rappel). Le mix est beaucoup plus orienté dancefloor que sa prestation de la veille, ça change mais ça se laisse facilement apprécier. La technique d’un des meilleurs DJs de la scène parle pour lui et le mix est efficace, notamment avec de grosses montées à vocales.

Pour le finish du festival, on ne pouvait espérer mieux qu’un set un peu spécial : le Critical Sound System avec Kasra, Enei et Emperor (remplaçant surprise d’Ivy Lab). Les 3 DJs s’enchainent et nous épuise le peu de jus qui nous reste dans les jambes avec des vibes si spécifiques au label de Kasra.

Une belle manière de clôturer cette édition.

On fait le bilan, calmement.

Malgré une pluie bien présente pour cette édition, fait très rare du côté de Pula, on peut dire que ce 10ème anniversaire a été une réussite et un grand moment pour nous ! Certes, on aurait apprécié une meilleure communication suite à la coupure du premier soir, mais ça nous aura au moins permis de profiter à fond des moments de beau temps, notamment le vendredi !

Le cadre du festival, ses « Boat parties », sa plage, tant d’éléments qui font que ce festival est un lieu idyllique pour apprécier le genre de son qu’on aime.

De plus, toutes les scènes sont équipées de Sound Systems réglés à la perfection, rien de tel pour apprécier de la bass music en bonnes conditions.

Cette édition a été aussi riche en rencontres et retrouvailles pour nous, une bonne troupe de Français ayant fait le déplacement, il était assez fréquent qu’on se retrouve pour profiter de moments tous ensemble, notamment à notre point de ralliement : le Garden, qui aura été le berceau de la Drum & Bass pour cette édition.

Un dernier petit mot et conseil pour ceux qui n’auraient pas encore eu la chance d’assister à ce festival : allez-y les yeux fermés, vous ne pourrez pas être déçus! Outlook c’est 100% de gens satisfaits (ou presque).

A très bientôt Pula ;)

Morceaux les plus joués du Festival:
Kasra & Mefjus – Decypher
Commix – Be True
Benny L – Low Blow
Technimatic – Bristol (Break remix)
Halogenix – Blej
Bungle – Cocooned

Bonus vidéo : un aperçu du garden

Crédits Photo : Dan Medhurst / Marin B