Le jeune prodige de 23 ans a accepté de répondre à nos questions à l’occasion de sa venue sur le sol Parisien pour la Get In Step du 24 février. Vous pourrez connaître un peu mieux qui se cache derrière ce jeune homme au talent bien fourni qui a notamment été lancé par Hospital, qui a sorti son premier album « Talisman » sur son sous-label « Medschool » l’été dernier.

Salut Will, merci d’avoir accepté cette interview, peux-tu te présenter ainsi que ton projet musical en quelques mots?

Je m’appele Will, j’ai 23 ans et j’habite à Stoke-on-Trent avec ma femme. Mon dernier projet c’est mon premier album « Talisman » qui est sorti en août dernier sur Med School, la petite soeur du label Hospital Records.

Tu es très jeune et semble déjà très mature au niveau production. A quel âge as-tu commencé à produire ?

J’ai commencé à produire à 14 ans, mais j’ai commencé à jouer des instruments dès 7 ans. Ma mère m’a appris le piano et le violon assez tôt et m’a inscrit à des lessons que je n’ai pas vraiment apprécié car je trouvais ça très ennuyant. J’ai toujours aimé pratiquer plusieurs instruments mais j’étais frustré de jouer et rejouer certains accords ou mesures de manière répétitive. C’est pourquoi je me retrouvais souvent à chercher des alternatives pour produire ces répétitions à ma place, quand j’aurais peut-être dû pratiquer et répéter. C’est de là que mon amour pour la production est né, j’étais capable de prendre mon savoir en théorie musicale et le traduire dans ma propre musique de manière infinie.

Quel est le style de musique avec lequel tu as commencé la production? Peux-tu nous détailler l’évolution de ta carrière d’artiste?

J’ai essayé d’imiter très mal Pendulum tout d’abord, c’est ce groupe qui m’a introduit dans le genre et je voulais juste être comme eux après les avoir vu en concert au NIA de Birmingham. C’est un peu la même chose avec Chase & Status, j’ai passé des heures à essayer de comprendre comment ils faisaient leurs sons mais je n’ai pas vraiment réussi jusqu’au jour où j’ai rencontré Will (Keeno). Il m’a introduit à son empreinte sur la D&B et avec nos « backgrounds » quasiment similaires ça a marché instantanément. Will était très bon musicalement et techniquement quand on s’est rencontré, et moi je tentais juste de faire un sample ou un son qui pourrait émerger une idée.

Une fois que j’ai commencé à me concentrer un peu plus sur ma propre production j’étais capable de prendre ces idées et de les mettre en forme dans mes propres morceaux avec la production et la musicalité. Jai toujours aimé la liquid et les rollers, j’aime toujours essayé de connecter les 2.

En dehors de la Drum & Bass, quels sont les styles qui t’attirent le plus, ceux chez qui tu puises tes influences ou que tu as plaisir à écouter chez toi?

Grime, UK hip hop récemment mais je n’oublie jamais le classique et l’indie rock. Ce sont mes racines quand j’ai commencé à produire et j’écoute toujours des groupes comme Bloc Party, Foals et Arctic Monkey.

On a beaucoup aimé ton album « Talisman » sur lequel tu maries deep et liquid soulful avec habileté. Quelle est la track de l’album que tu trouves la plus aboutie?

« Beyond Reach » a toujours été ma préférée. Elle mélange tout ce que j’ai dans la D&B dans un morceau et je . Evidemment « Flashlight » est très bien aussi, mais pour ce que je voulais faire avec « Talisman », « Beyond Reach » le résume très bien.

Sur ton dernier album on retrouve le morceau «  Never too long » une de tes nombreuses collaborations avec Keeno avec qui tu produis depuis 2012 si nos sources sont bonnes. Quelle est l’histoire de votre rencontre et ce qui vous a amené à vouloir travailler ensemble?

On s’est rencontré via Soundcloud, on se commentait nos morceaux. On a ensuite chatté sur AIM et passé des heures la nuit après les cours à s’échanger des idées et à voir ce qu’on voulait faire de notre music. Je dois d’ailleurs remercier Will pour sa patience car ma connexion internet était vraiment mauvaise à cette époque et les habitués d’AIM se rappellent que les transferts avaient l’habitude de se couper à 99%, la mienne le faisait vraiment TRÈS SOUVENT! Et quand ça le faisait pas, mon père coupait internet et me disait d’aller me coucher. Ensuite, on s’est rencontré en face à face et on est allé en studio ensemble pour nos premiers releases sur Hospital et Med School.

Impossible de passer à côté de « Flashlight » avec Inja qu’on a entendue partout depuis sa sortie dans le milieu Drum & bass. Quels sont les MCs avec qui tu aimerais travailler?

Ça serait Kano ou D Double E. Les entendre sur des morceaux DNB serait fou! À côté de ça, je continue de travailler avec Inja et j’aimerais beaucoup bosser ave SP:MC si l’occasion se présente.

Quels sont les newcomers qui selon toi méritent plus d’exposition? Ceux que tu trouves les plus innovants et que l’on devrait voir exploser dans les années à venir?

Ce n’est plus vraiment un newcomer mais je dirais Phase. Benny L évidemment et aussi les mecs de QZB qui sortent des choses géniales. Enfin, je pense qu’Unglued va exploser aussi.

On voit de plus en plus de nouveaux labels émerger, est-ce que la création d’un label est une idée qui t’a déjà traversé l’esprit?

Non, j’ai pensé à sortir ma musique moi-même avant de rejoindre Med School mais je n’ai pas trop envie de me positionner comme un label et je n’ai pas le savoir nécessaire pour ça pour le moment!

Parlons production, qu’est-ce que tu préfères dans ce processus de création? Quels sont tes plugins/ softwares favoris?

Ableton avec Sylenth et Omnisphere 2, c’est les VSTs que j’utilise le plus. Je fais aussi du piano quand j’ai de nouvelles idées et j’enregistre tout ce que je joue, je regarde ensuite pour voir si il y a quelque chose d’intéressant qui pourrait être utilisé plus tard. Si je n’y arrive pas comme ça, je prends souvent de l’inspiration dans les samples ou dans les morceaux que j’aimais quand j’étais plus jeune. C’est fou comment un simple son peut être le départ pour créer un morceau entier, ou plusieurs morceaux même!

Comment commences-tu à travailler une track, est-ce que tu essayes d’imager, de retranscrire des sensations où tu pars plutôt de samples qui t’inspirent?

Il n’y a pas schéma précis. Je pense qu’avoir trop de process pour écrire de la musique tue la créativité. Je prends de l’inspiration à plein d’endroits différents, ça peut être un sample de batterie, un son à la radio ou un simple son que j’entends, donc c’est difficile de dire comment je commence chaque morceau. J’essaie de créer de l’emotion dans tous mes morceaux, sans émotion un morceau de vaut pas la peine d’être écouté à mon avis. Que l’inspiration vienne d’un sample ou d’un enregistrement, ça ne m’importe pas trop, la vibe doit juste être là et c’est ça le plus important.

Pour finir, quelles sont tes actualités à venir? Aimerais-tu te lancer dans un side project afin d’explorer de nouveaux genres?

Si je disais que je produis de la D&B tout le temps ça serait un mensonge!

Parlons un peu de notre pays, que penses-tu des français?

Je ne suis venu en France que 2 fois, une fois quand j’avais 14 ans et une fois à Grenoble pour jouer en fin 2017, mais tous les français que j’ai rencontré était vraiment sympas et très accueillants. Ils étaient aussi très bien habillés, donc ça m’a aidé à les apprécier.

Peut-tu nous citer 3 producteurs français?

Monty, SIGNS & Dawn Wall?

Qu’est ce que tu aimes le plus en France?

En tant que géographe, je dirais le paysage qui est magnifique, les Alpes et le Rhin sont 2 endroits que j’espère explorer un peu plus!

Vin rouge ou vin blanc?

Rouge, Chateauneuf du Pape si je peux me l’offrir!

Ton fromage préféré ? 

Je n’aime pas vraiment le fromage, mais je dirais le Brie avec une cuillère de chutney.

Un grand merci à Get In Step pour avoir arrangé cette interview. N’oubliez pas que vous pourrez retrouvez Whiney pour la GET IN STEP w/ Culture Shock – Teddy Killerz – Frankee & more.

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