De retour au Let It Roll après 3 ans d’absence, on était impatient de découvrir l’évolution du festival et la programmation toujours plus riche et plus pointue chaque année. Au programme, toujours des têtes d’affiche de renom comme Noisia, Pendulum ou Andy C, mais aussi une place à plus d’artistes émergents, dont quelques français et des scènes réservées à des labels qui n’ont pas toujours eu l’occasion de se retrouver dans le plus grand festival du monde pour faire leurs preuves.

Cette année, on a décidé de faire l’impasse sur le camping et de privilégier notre sommeil et notre confort en prenant un hôtel proche de Milovice, lieu du festival depuis 2015.

Jeudi

Après avoir déposé des amis à Prague, qui eux aussi ont opté pour le confort d’un appartement cette année, on se retrouve sur le site du festival aux alentours de 19h pour récupérer notre bracelet.

C’est finalement après une première bière et après avoir pris le temps de recharger notre bracelet Cashless (en place depuis l’année dernière au LIR) que nous arrivons sur le site.

Un peu tard pour le duo Pola & Bryson qu’on aurait bien aimé voir pour une bonne entrée en matière, c’’est sur une Factory Stage bien massive et bien décorée qu’on attaque les festivités avec Frankee. Le set est agréable mais le son de la scène est assez mal réglé et très fort pour un début avec une scène très peu remplie.

On se dirige ensuite sous le chapiteau de la Madhouse pour assister à un des meilleurs sets du soir réalisé par Dossa & Loccuzed (ou Dossa N Loccuzet si on en croit l’écran sur scène). Ça enchaine vite et bien, ça joue de tout, c’est parfait.

Après ça, il est temps de penser à manger si on veut tenir jusqu’à la fin de cette première soirée. On se dirige donc vers le « Food Court » où une petite dizaine de stands s’offrent à nous. On opte finalement pour de la nourriture asiatique et un plat à 3 Bolts (la monnaie locale) équivalent à 6€. On remarquera que les prix ont un peu augmenté depuis notre dernière venue, idem pour la bière qui se vend maintenant 2€/2,40€ alors que dans notre souvenir, on les payait moins cher en 2015.

Bref, retour à la musique, et c’est avec René LaVice qu’on va digérer notre repas. Le nouvel animateur de la BBC Radio 1 nous sert un set bien dancefloor avec des intros bien vocales, pas trop de surprises ni d’exclus, mais on se laisse prendre au jeu.

Place ensuite au duo de chez Shogun Audio, Technimatic, qui nous propose un set d’une qualité remarquable, bien progressif, en commençant tout en douceur avec des morceaux liquid puis en s’énervant tout doucement sur des choses qui roulent un peu plus. On notera au passage un remix inconnu au bataillon de « Commix – Be True », peut-être une création de Technimatic, affaire à suivre.

Un petit tour pour un set plus énervé avec InsideInfo qui fait très bien le boulot et retour à des vibes plus deep avec DBridge B2B Skeptical. Comme on pouvait s’y attendre avec ces deux là, la selection est parfaite. On notera tout de même que le set était bien plus dynamique quand c’était au tour de Skeptical de jouer et redescendait un peu au moment ou DBridge se retrouvait derrière les platines.

Retour à quelque chose de bien plus énergique ensuite avec Sub Zero, et là c’est une des plus grosses claques du festival qu’on reçoit. Le mix est très axé jump up, mais quelques petites intros dancefloor bien trouvées et droppées avec des anthems (ou des exclus) jump up nous feront sauter comme des fous! Une petite pensée pour notre Français Bobby, qui jouait en même temps sur la scène extérieure du festival et qu’on aura malheureusement pas vu jouer, mais c’était vraiment dur de décrocher de Sub Zero!

On part ensuite sur l’Underworld pour voir la fin de Joe Ford très intéressante et un début de Gydra avec une intro ambiance dance à la russe, assez improbable mais drôle. Ça enchaîne sur un set full neuro, pas vraiment notre envie du moment.

On ira voir quelques minutes Alix Perez, qui sans étonnement nous pondera un set d’une qualité exemplaire. Place ensuite à un set qui nous faisait bien envie sur le papier : Benny L B2B Shimon. Le mix est au delà de nos espérances avec une sélection, une vibe et une technique aux petits oignons. Un de nos gros coup de coeur du festival.

C’est sur un set de L Plus d’une très bonne qualité qu’on terminera notre premier jour sur les rotules! Une soirée bien remplie où on aura pu voir de très bonnes choses dans des styles bien différents.

 

Vendredi

Le rendez-vous est pris avec Spectrasoul pour commencer ce 2ème jour de festival. C’est sur une Main Stage (fermée la veille) qu’on verra un set tout en douceur, parfait pour une mise en jambe. On enchaînera directement avec Dub Phizix et son acolyte favori au micro : Strategy. Les deux artistes de Manchester nous régalent avec leurs tubes comme le fameux Buffalo sur un son parfaitement réglé et d’une puissance remarquable.

Un petit tour sur une vibe plus orientée jump up avec Upgrade. Des morceaux de jump up bien efficaces et bien mixés, what else?

Retour sur la Main Stage pour le moment que tout le festival attend : la cérémonie d’ouverture. La scène est totalement bondée et le show peut commencer. Une voix nous raconte l’histoire de l’épisode de cette année et ça part dans tous les sens : flammes, lumières, visuels. Un grand show à l’américaine et pour couronner le tout, la musique est complètement folle. Quand on sait que cette année c’est The Prototypes, Muzzy, Rido, Abis, Mefjus et Joe Ford qui se sont occupé de produire les morceaux, on est pas étonnés!

Après en avoir pris plein les yeux, on ira voir un trio dont on attend beaucoup : les Kings Of The Rollers (aka Serum, Bladerunner et Voltage). En arrivant sur la scène, on voit que c’est Inja qui hoste, et c’est pas pour nous déplaire. Le set est rempli de bonnes vibes, de dubplates, un autre moment très marquant de cette édition.

Après ce moment de folie, on se rend sur la scène Underworld pour des vibes bien plus deep / underground avec Ulterior Motive qui réalise un set complètement envoutant, beaucoup de ses productions y passent et c’est loin de nous déplaire.

Place ensuite au patron, Andy C, sur la Main Stage. Ça faisait un moment qu’on ne l’avait pas vu et le boss de Ram Records n’a rien perdu de sa superbe, ses drops sont d’une efficacité redoutable et toujours très bien sentis. On reste une petite demi heure, car à ce moment se produisent aussi d’autres artistes qu’on voulait absolument voir : Hype B2B Hazard (et aussi A.M.C et QZB qu’on aura manqué malheureusement, le Let It Roll et ses choix compliqués vous savez…). Surprise à notre arrivée sur la Factory Stage, on retrouve DJ Hype seul derrière les platines. Peut-être qu’Hazard a joué la première partie du set, on ne sait pas. Bien qu’un peu déçu, on apprécie tout de même la prestation du patron de Playaz avec une sélection bien sympathique et des dubplates efficaces.

On quitte un set jump up pour un autre set jump up avec Turno. Le DJ qui a désormais pour habitude de jouer avec une pointure du mix (j’ai nommé A.M.C), nous régale de sa technique et de sa selecta si particulière. On aura même le droit à une intro bien surprenante avec un morceau d’eurodance sorti tout droit des années 90 (dont on a perdu le nom, désolé), le tout droppé avec de la jump up bien sûr.

Après ça, on se dirige pour voir la fin du set d’un de nos talents nationaux : Monty. Le Toulousain nous surprend avec des dubplates bien lourdes et une technique bien rôdée.

Direction Killbox après ça, les deux tontons de la Neurofunk (Ed Rush et Audio) remplissent bien leur rôle et nous cassent les jambes comme il se doit! Après quoi, on ira poursuivre sur une vibe quasi similaire avec Phace & Misanthrop sur la Main Stage. Ça joue beaucoup de leurs morceaux, très probablement des exclus à venir sur l’album de Phace qui sortira prochainement. On notera tout de même un surprenant « Ivy Lab – Cake » sorti de nulle part en début de set, vu qu’on adore ce morceau, on adhère forcément!

La fin de soirée se passera en compagnie d’un artiste jump up qu’on affectionne tout particulièrement : Annix. Contrairement à ses autres compères du genre, on aura le droit à plus de diversité dans son set, et c’est fort agréable de voir un DJ jump up ne pas se cantonner à son style favori.

 

Samedi

C’est en compagnie d’artistes Critical qu’on débutera les hostilités du 3ème et dernier soir : Klax B2B Shyun. Parfaite entrée en matière avec une vibe deep et une petite surprise, le morceau « Fallin » de nos frenchies de The Caracal Project qui sera joué à notre arrivée! Dans la même lignée, on ira ensuite voir un artiste qu’on aime beaucoup sur la grande scène : S.P.Y. Le bonhomme nous régale d’un set magnifique sur une scène déjà bien remplie pour un début de soirée (20h). On notera au passage un nouveau remix de « Technimatic – Bristol » proche de celui de Break avec une intro un peu différente et bien efficace, peut-être une oeuvre de S.P.Y, l’avenir nous le dira bien assez tôt!

On reste sur le Main Stage pour assister à un set dans un style bien différent avec Culture Shock de chez Ram Records. La prestation est très intéressante et elle nous fait bouncer comme il faut.

C’est de nouveau vers la scène Critical x Blackout qu’on se retrouve après ça, pour voir le patron Kasra en B2B avec Enei. Gros set des 2 compères de chez Critical avec du son bien spécifique du label et probablement quelques dubplates à venir, mais d’autres choses un peu différentes aussi. Bref, on adore!

Après quoi, direction un autre artiste habitué du label Critical mais cette fois sur la Madhouse (représentée par Beats Evolution ce soir là) avec Halogenix. De très bons morceaux au programme, notamment issu de son dernier EP (Blej VIP ❤️), mais le set n’est pas ultra dynamique, on mettra ça sur le coup de mou de la digestion de notre repas avalé quelques minutes avant.

Place ensuite à une grosse pointure de la scène : Break. Le patron de Symmetry nous propose une sélection d’une qualité exemplaire et quelques morceaux inconnus aux bataillon dont il est surement l’auteur, on va suivre ça de près, faites nous confiance!

Petit passage ensuite sur le set du duo néo-zélandais The Upbeats, propre et efficace. Puis un passage express sur le set de Levela, où le début du mix n’est pas idéal au niveau des enchainements, puis deviendra par la suite plus intéressant.

Nous voilà à un moment que beaucoup attendent sur cette édition : Noisia sur le Main Stage. La scène est complètement remplie à notre arrivée, à tel point qu’il est difficile de ne pas perdre nos camarades! Représenté cette fois par Martijn (et non pas Thijs comme c’est plutôt le cas d’habitude), Noisia déroule leurs productions et des remixs venus d’ailleurs, une grosse claque!

Après Noisia, c’est un autre grand mastodonte du milieu qui prend place, j’ai nommé Mefjus. La aussi, le set est très attendu et ne décevra pas grand monde. Des bangers dont lui seul à la recette, et des surprises ultra efficaces comme l’anthem hip hop « Simon Says » raviront la foule en délire.

L’autrichien nous a tellement rincé qu’on a même plus la force d’aller voir la Eatbrain League sur la Madhouse. Ça sera pour nous la fin du festival, et quel finish!

 

Le bilan, calmement.

L’édition 2018 du Let It Roll a encore été riche en émotions de notre côté. Le festival primé plusieurs fois en tant que meilleur festival Drum & Bass monte encore d’un niveau, notamment au niveau de la programmation, encore plus riche que jamais sur cette édition.

On notera tout de même quelques points négatifs, notamment l’augmentation du prix des consommations (boisson, nourriture) et du prix du ticket (un peu plus justifiable vu le line-up qui grandit tous les ans). Malgré un site placé sur une base aérienne qui n’est pas des plus idylliques, on apprécie tout de même l’univers et le travail de scénographie mis en place.

Encore une fois cette saison, les personnes au camping ont énormément soufferts de la chaleur, du manque d’ombre et parfois même du manque d’eau, il faudra rectifier le tir à l’avenir chers organisateurs!

L’édition 2019 est déjà annoncée du 1er au 4 août 2019, see you soon Let It Roll!

 

Sets disponibles en vidéo sur la chaine Youtube du Let It Roll
Phace & Misanthrop
Camo & Krooked
Netsky

Meilleurs sets (à notre humble avis)
Kings Of The Rollers
Sub Zero
Dossa & Loccuzed
Noisia
Mefjus
Benny L B2B Shimon
Ulterior Motive
Phace & Misanthrop
Annix
S.P.Y

Les sets qu’on a manqué (et qu’on aurait bien voulu voir)
A.M.C
QZB
Camo & Krooked
Nymfo
DJ Marky
Urbandawn

Morceaux les plus entendus
Bungle – Cocooned
Mr Frenkie – Bass Symptom
Bou – Poison
Pendulum – Hold your colors (Noisia Remix)

Les dubplates les plus entendues
Serum – Mixed grill
Police In Helicopter (Benny L Remix)
T > I & Upgrade – Shot Down

 

Crédits photos : Jakub Doležal / Let It Roll