Valentin (Ak:Hash), Tom (Dask),  Kevin (Euk) et Etienne (Midn8runner) forment un seul et même Visages, le groupe toulousain le plus en vue du moment. Ils ont sorti leur deuxième EP la semaine dernière qui est déjà acclamé dans le milieu, et ils ne comptent pas s’arrêter là.

Il peut se passer beaucoup de choses en after. Comme, par exemple la formation de l’un des groupes les plus prometteurs de la drum & bass française.

C’était au petit matin du 30 juillet 2017 après une nouvelle soirée réussie au Bikini, la célèbre salle de concert de Toulouse où avait joué notamment Etienne (Midn8runner). Alors que le soleil d’été commençait à pointer son nez, les quatre Visages, installés au bord d’une piscine d’une maison de banlieue toulousaine ont décidé d’unir leur force avec un objectif : passer de bons moments ensemble en créant de la musique.

Leur amitié, elle, ne date pas d’hier. Etienne et Valentin (Ak:Hash), tous deux originaire du Lot, se connaissent depuis près de 10 ans et s’investissent dans la musique drum & bass depuis autant de temps. Tom (Dask) et Kevin (Euk), les deux toulousains de la bande, sont amis depuis 3 ans. La rencontre de tout ce beau monde s’est faite via les soirées toulousaines Dusk, créées en 2015 par la DJ Miss Léïa aidée de Valentin. Tom a rapidement intégré l’organisation tandis qu’Etienne y a mixé à plusieurs reprises. Kevin initié à la Drum & Bass par Tom a rejoint l’équipe dans la foulée.

Drum & Bass sans limite

En l’espace d’un an et 3 mois, Visages a déjà 2 EP à son actif, dont le dernier est sorti le 5 octobre dernier sur le label anglais Flexout. « J’aime beaucoup leurs sons. Cela me rappelle Ivy Lab à leur début », explique Bassi, patron du label Flexout.  « Point of view » premier EP  sorti sur le label français Impact avait fait gros effet dans le milieu. « On était un peu sur le cul », confesse Midn8runner. « Beaucoup de supports inattendus ou impensables », continue Dask.  Noisia, The Upbeats ou encore Philth…des poids lourds des 4 coins de la terre qui ont su déceler le talent de ces jeunes français qui sont désormais en confiance pour leur deuxième EP.

Une deuxième sortie qui contient des collaborations avec le toulousain Trail et le légendaire Messy MC. La production est impeccable, les morceaux sont plus variés et plus dancefloor que sur Point Of View avec tout de même une dominante deep et liquid.

Mais Ak:Hash tient à préciser: « On ne se fixe pas de limite. On peut aussi bien commencer des morceaux jungle que neuro ou deep. On reste large ».


« Qualité plutôt que quantité ».

Mais quel est leur secret pour produire des morceaux à 4 ?

D’abord, avoir un bon studio dans une maison à la campagne à 20 min de Toulouse. « On compose chez moi. On peut faire tout le bruit qu’on veut, il n’y a pas de voisin autour de nous », raconte Valentin. Ensuite, se retrouver pour une bonne bouffe entre potes puis si la vibe est bonne, direction le studio. « On y va seulement si on en a vraiment envie. Ça arrive que l’on se retrouve sans qu’on aille au studio », précise Tom. Une fois installé devant l’ordinateur, chacun pose son idée à l’aide des synthés, à tour de rôle, tout en dialoguant et en écoutant ce qu’a fait l’autre. « C’est comme si on jouait à une console de jeu vidéo et qu’on se passait la manette », explique Kevin. Certains gardent la manette plus longtemps que d’autre comme Kevin. « Si on ne l’arrêtait pas, il pourrait y passer des heures », rigolent ses collègues, « A peine deux ans qu’il compose mais il nous impressionne déjà par sa créativité ». Mais Kevin modère les propos de ses amis : « Il me manque la technique », contrairement à Etienne, le technicien du groupe. « Lui, il pourrait sortir une calculette pour calculer la bonne fréquence. »

Parfois, le projet n’est pas fini et sera repris (ou pas) des semaines plus tard. Mais quand ils tiennent quelque chose de bon, quand ils sentent la chose, ils peuvent l’achever le soir même.

Depuis le début de l’aventure, plus d’une centaine de morceaux ont été commencés. Seulement sept ont été publiés. « On sort nos morceaux quand on est sûrs de nous. On préfère la qualité à la quantité », précise Tom. On espère que le quatuor pourra, un jour, combiner les deux. Peut-être que cela arrivera plus rapidement qu’on ne le pense. Il y a deux jours, ils ont déjà annoncé un prochain deux titres sur…Dispatch Recordings

En attendant, vous pouvez écouter leur dernier podcast pour Flexout dans lequel se sont glissés quelques uns de leurs nouveaux morceaux.

 

Léo Paichard