L’Allemagne, son amour pour la bière, Angela Merkel, les gens sympas…mais aussi la Drum & bass dont Florian Harres aka Phace est l’un de ses plus dignes représentants. A l’occasion de la soirée Get In Step à Paris ce samedi 19 janvier où notre hambourgeois préféré va faire trembler le Trabendo avec des sons dont lui seul a le secret,  nous avons pu lui poser quelques questions notamment sur son nouvel album « Between » qu’il présente en tournée européenne depuis quatre mois mais aussi sur son nouveau label NËU. Une interview « Deutsche qualität ».

 

Salut Florian. Raconte nous un peu ta tournée. Comment se déroule-t-elle ?

Cela se passe très bien. Je suis conscient que ce je fais est underground, que c’est une musique de niche. Donc c’est super de voir que les gens sont au rendez-vous pour me voir jouer mon album et qu’ils l’apprécient.

 

Allemagne, Royaume-Uni, Espagne ou France. Est-ce que tu as affaire au même genre de public même si tu n’es pas dans le même pays ? Peut-on parler d’une seule et même communauté drum & bass qui transcende les frontières ?

Oui, on peut dire ça. Pour moi, la scène drum & bass européenne est forte. Bien sûr, cela change un peu selon où tu trouves car certains facteurs peuvent changer. Mais je sens qu’il y a une vibe commune à travers tous ces pays.

 

Tu joueras pour la première fois à Get In Step. Qu’est-ce que tu penses du public parisien ? As-tu de bons souvenirs de soirées passées dans la capitale française ?

Jouer à Paris ou en France en général est toujours quelque chose que j’attends avec impatience. J’aime beaucoup les français et leur pays. Je n’y ai eu que de bonnes expériences. Les gens viennent pour apprécier la musique, le moment présent. C’est une bonne attitude.

 

Plus généralement, as-tu gardé de bons souvenirs de soirées en France ? Quel est le meilleur ?

Bien sûr, la plupart des soirées Jungle Juice ou des Amimalz auxquelles j’ai joué ont toujours été spéciales. C’est pareil quand je joue au Bikini à Toulouse. C’est une scène saine et sympa, les gens sont ouverts d’esprit et ont l’oreille pour les bons sons.

 

 

Parlons maintenant de ton album « Between ». Après 10 de carrière et 4 albums à ton actif, est-ce que c’est plus facile de faire un nouvel album ? Ou, est-ce toujours un nouveau challenge qui nécessite encore et toujours beaucoup de réflexions ?

Faire un album n’est jamais quelque chose de simple, c’est un défi personnel. Mais comme je fais ce que j’aime, ça ne me parait pas difficile non plus. Ça demande seulement du temps et de l’inspiration. La réflexion et le temps de travail aident en termes de technicité mais je pense que c’est plus important de savoir ce que tu veux faire et comment.

 

Qu’est-ce qui t’as inspiré pour faire cet album ?  Qu’est-que tu as voulu partager ?

Ecrire un album, c’est un peu comme écrire un livre et pas seulement une petite histoire. Cet album n’a pas une grande signification pour moi. C’est plutôt une expression de ce que je ressentais musicalement au moment où je l’ai écrit. Je l’ai appelé Between parce que j’ai écrit toutes mes idées sur mon ordinateur pendant mes voyages . C’était quelque chose de nouveau pour moi, d’écrire sur la route en expérimentant pleins de choses différentes plutôt que dans mon studio.

 

Quels matériels et logiciels as-tu utilisé pour faire l’album ? Est-ce que tu utilises toujours la même chose ? 

J’ai principalement utilisé Ableton Live avec beaucoup de plugins différents et quelques synthétiseurs. J’ai toujours aimé essayer de nouvelles choses donc d’un enregistrement à l’autre, je vais changer mon matériel et mes logiciels. Il y a juste Ableton Live qui va rester :)

 

Tu y proposes de nouvelles sonorités et de nouveaux rythmes. Je pense aux morceaux Lazy Day et Goodbye Struggles. Qu’est-ce qui t’a conduit à les faire ? 

Sur un même album, je ne peux pas rester sur un même tempo rapide ou faire que de la drum & bass. Ça serait pénible et fatiguant. Donc j’ai voulu changer les choses et montrer un autre côté de mon son.

 

J’ai lu dans une interview que Between est une sortie d’album transitionnel. Est-ce que Lazy Day et Goodbye Struggles sont des exemples de ce changement de direction artistique ? Peut-on s’attendre à des choses totalement nouvelles pour tes prochaines sorties ?

Je pense que tout l’album sonne déjà différemment par rapport à ce que j’ai pu faire. Donc oui, on peut carrément dire ça. J’aime aussi travailler sur des tempos plus lents et je veux en faire plus souvent à l’avenir, oui :)

 

Peux-tu nous en dire en plus sur votre nouveau label NËU ? Quel est votre démarche ?

A côté de Neosignal, nous avons monté NËU pour donner aux jeunes talents une plateforme et faire des choses plus folles. Neosignal est encore notre vaisseau-mère si on peut dire ainsi mais NËU a autant d’importance pour nous. NËU est aussi un label où les choses arrivent très vite. Nous sommes capables de sortir quelque chose en mois deux semaines. Il a sa propre identité qui est clairement séparée de celle de Neosignal contrairement à notre vieux et ancien label Neodigital que l’on considérait toujours et uniquement comme sa petite soeur.

 

On a pu voir que vous aviez signé The Caracal Project (ndlr: duo de jeunes producteurs français très prometteur) sur le label. Tu peux nous en dire plus ? Est-ce que tu  les as rencontré ? Qu’est-ce que tu aimes particulièrement chez eux ?

Oui, leur release sortira la semaine prochaine sur NËU :) J’ai rencontré Félix à Hambourg et c’est quelqu’un de très talentueux et sympa. J’aime leur approche fraîche de la musique et j’ai pensé qu’ils conviendraient très bien au label. Ils sont encore très jeunes mais techniquement ils sont déjà très loin  et à coté de ça, ils ont leur propre écriture musicale.

 

Passons aux questions rapides maintenant, quel est le morceau qui t’a introduit à la drum & bass ?

Ce n’est pas un morceau mais un album. « Experience » de The Prodigy. Il m’a introduit aux broken beats et m’a ensuite conduit à la Drum & Bass.

 

Cite-nous trois producteurs français excepté The Caracal Project:

Redpill, Signs, Visages

 

Ton vin préféré ?

Vin pétillant : Champagne ou crémant :)

 

Ton fromage préféré ?

En ce qui concerne le fromage français, je préfère le comté ✌

Vous pouvez retrouvez Phace le 19 Janvier à l’occasion de la soirée Get In Step.

Merci à l’équipe de Get In Step d’avoir rendu cette interview possible.

Propos recueillis par Léo Paichard