S’il fallait donner un exemple de relation à distance solide et prometteuse, le duo Magnetude apparaîtrait actuellement en première ligne.
De Moscou à Londres, en passant par la Suisse, une connexion supersonique s’opère depuis trois ans, donnant vie à bons nombres de sorties de haut vol, oscillant entre mélodies épiques et énergie foudroyante.
Récemment signé sur RAM, après s’être révélé sur Lifted Music ou Eatbrain, Magnetude était donc invité à participer à l’ouverture de l’Electro Alternativ, grande messe de la musique électronique ayant lieux à Toulouse, tout un mois durant.
Une quinzième édition dignement inaugurée en cette soirée du 24 août dernier, avec Camo & Krooked et DJ Q en tête d’affiche, dans un Bikini prêt à retrouver son public Bass Music après une brève trêve estivale.
Nous retrouvons James dans la loge artiste, quelques minutes après son passage sur scène.

 

 

Salut James, et merci de nous recevoir après ton set !
Premièrement, Joyeux Anniversaire ! Quel âge fais-tu ?

Merci beaucoup, une superbe façon de le célébrer en effet !
Pour l’âge, ne parlons pas de sujets qui fâchent, je souhaite garder une part de mystère là dessus… [rires]

 

Et ça se respecte.
C’est donc la première fois que Magnetude joue à Toulouse, aviez-vous déjà entendu parler du Bikini ?

Oui bien-sûr ! Redpill et d’autres nous en parlent souvent. Il y a déjà eu des soirées Eatbrain ici, et plus généralement « la crème de la crème » de la musique électronique s’y produit.
Mais oui, Le Bikini a toujours été un lieu où nous avons voulu jouer, comme une case à cocher dans une ‘to do list’, un succès à déverrouiller.
J’espère être de retour bientôt !

 

On te sentait bouillant durant ton set ! Quelles ont été tes impressions sur le public toulousain, avec cette scène placée au milieu du dancefloor ?

Oui, en fait, c’était l’un des publics les plus énergiques que j’ai vu, du début jusqu’à la fin du set. La communication était totale ! Et le système de son était incroyable, évidemment. Je m’en souviendrai c’est sûr.

 

Et nous aussi !
Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, peux-tu nous parler de l’origine du duo Magnetude (Rustam aka ‘Rusky K’ et toi) ?

Rustam produisait sous son alias Rusty K depuis quelques années, nous nous sommes rencontrés car je travaillais pour un label qui s’appelle Clothe 2 Death. J’opérais en arrière-plan, m’occupant notamment des sorties sur vinyles. Du coup, Rustam nous envoyait des morceaux car il signait à l’époque ses premières releases sur le label.
Pour ma part, j’écrivais déjà de la musique depuis 2010 et Rustam, lui, produisait depuis l’âge de 9 ans.
Après tous ces échanges, nous en sommes arrivés au point commun d’avoir envie d’entamer un nouveau chapitre. Il m’envoyait des morceaux, je lui renvoyais les miens, chacun apportant sa touche aux projet de l’autre, et nous nous sommes dit « Pourquoi ne pas faire un EP avec ça ? »
Restait alors à définir quand et comment sortir ce matériel.
Nous avons donc commencer par les envoyer à différents labels afin recueillir leurs avis dessus. Et ‘Lifted Music’ fût celui qui montra le plus grand intérêt. Ils ont toujours été de grands fans de la musique Rusty K, leur retours furent très favorables et encourageants…
Ils nous posèrent juste une simple question :
« Ok les gars, on a cet EP, mais sous quel nom le sortira-t-on ? ‘Rusty J’ ? ‘J Rusty’ ? Non en fait, les gars, vous devriez commencer un projet ensemble et créer un nouveau nom »

Et était-il donc évident pour vous deux de créer un projet ensemble à ce moment-là ?

C’est juste apparu comme une heureuse opportunité. Une de ces choses que tu sais que tu veux faire depuis longtemps, c’est donc venu naturellement, alors on s’est dit : « lançons nous, et voyons ce qui se passe », et nous voilà !

 

Quand avez décidé de vous concentrer sur Magnetude comme votre projet principal ?

Rustam a toujours voulu chercher a produire un son plus mature, sachant que Rusty K attirait généralement un jeune public.
Or, nous voulons que notre projet – Magnetude – soit beaucoup plus diversifié. Non seulement pour la jeune génération mais aussi pour une génération plus âgée et avertie.
Ça a longtemps été ce genre de choses que nous avons eu à trancher, dès la première sur Lifted.
Puis Eatbrain est arrivé, et un choix à faire nous est apparu : soit sortir les sons via Rusty K ET Magnetude, mais cela risquait d’être trop confus. Donc concentrons-nous sur Magnetude à 100%.
Un nouveau projet, avec de plus grandes ambitions, car plus attirant que Rusty K, qui avait déjà beaucoup de sorties sur de plus petits labels, alors que Magnetude aspire plus à viser de plus importants labels.

 

Il subsiste quand même une patte à la Rusty K, avec notamment l’ambiance « épique/agressive » du son. Mais aspirez-vous aussi à faire quelque chose de totalement différent ?

Oui, nous essayons juste d’obtenir un style, le notre, à chaque morceaux que nous écrivons, mais ce n’est pas une fin en soit. Nous ne comparons jamais les nouveaux titres à ceux que nous avons sortis avant. Le but est de ne pas s’enfermer en suivant le même ‘process’ à chaque fois, tout le monde sait à quoi s’attendre sinon.
Nous essayons de libérer des sons différents dans nos tracks, à chaque fois.

 

Cette année, nous n’avons entendu qu’une seule sortie de Magnetude, sur Viper, peut-on en espérer d’autres prochainement ?

Oui, 2019 a été très calme pour nous, notamment parce que j’ai déménagé deux fois cette année dans deux endroits différents au Royaume-Uni. J’ai donc dû reconstruire le studio à chaque fois, ça a été assez compliqué.
Mais en arrière plan, nous avons travaillé, nous avons trois ou quatre titres terminés qui sortiront cette année, nous avons aussi un remix sur lequel nous travaillons actuellement !
Et après Let It Roll, nous nous sommes associés avec des noms plutôt sympas pour quelques collaborations à venir.
A partir de la fin de cette année, nous allons tenter de sortir autant de musique que possible !

 

Oui le Let it Roll doit être un endroit particulier pour nouer des liens avec d’autres producteurs !
Cela dit, vous n’avez pas fait beaucoup de collabs jusqu’à présent -une seule avec Task Horizon- là aussi nous sommes en droit d’en attendre d’avantage ?

Et bien, le truc, c’est que les collaborations c’est intéressant. Mais quand on essaie de se construire son propre nom et sa propre réputation, il vaut mieux d’abord rester focus sur du matériel en solo et de s’approprier son propre style.
Jusqu’à présent, nous n’étions donc pas tout à fait prêts à approcher de grands noms, faire face à ce genre de situations.
Mais à Let it Roll cette année, nous avons rencontré plusieurs très grands artistes, et il y a quelques gars à qui nous avons parlé plus sérieusement de tout ça.
Pour l’instant, nous allons garder le secret, mais de grandes choses arrivent, et ces projets combinés, certains inattendus, seront très musicaux et créatifs !

 

Voilà qui est alléchant, merci de partager ces précieuses infos avec nous !
Pour en revenir à Task Horizon, avez-vous un lien particulier avec eux ?

Oui oui oui ! Je connais Aaron depuis longtemps, depuis les l’époque de Close 2 Death.
En fait, nous avons vécu ensembles quand j’étais en Suisse pendant deux ans, c’est comme ça que les collaborations ont été faites, et nous avons quelque chose comme six ou sept projets ensemble dans le tiroir, il m’attend juste pour que nous puissions nous y remettre.
Ils ont longtemps été insatisfaits de leur son, mais nous les avons poussés avec Rustam, et maintenant que les choses sont revenues dans l’ordre, de nouveau en paix avec eux-même, ils reviennent avec beaucoup de bonne musique, croyez-moi !

 

Avez-vous des sorties prévues avec RAM ? Comment avez-vous établi le contact avec eux ?

Au début du projet, nous avons dressé une liste des labels sur lesquels nous espérions un jour sortir, et RAM était l’objectif principal, Eatbrain était aussi un objectif. En fait chaque sortie était une réussite, mais oui RAM a ce ‘background’ historique qui nous a vraiment plu et donner envie d’envoyer des demos.
Nous avons une relation très ouverte avec eux, et nous n’avons aucune restriction du tout et nous en sommes très satisfaits. On peut sortir partout, mais quand RAM veut un morceau, on s’y concentre tout de suite.
En fait, nous sommes en train de faire de la musique qui s’adapte mieux à la RAM, mais aussi d’autres titres plus violents, plus ‘neurofunk’, donc beaucoup de choses à venir.
Stay Tuned !

 

Le temps passe et nous arrivons à la fin de cette interview, merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, bon retour !

Merci à vous et au Bikini pour cet accueil, cheers !

Propos recueillis et traduits par Damien ‘Combine’ Boy et Thomas ‘Void one’