Nous étions présents au Bikini le 2 novembre pour assister à la seconde édition des soirées Gleam.
En dignes héritières des mythiques Stricly DNB, l’ambition innovante et la prise de risques artistique semblent être les fers de lance de ce nouveau concept orchestré par Regarts Asso.
Gleam tend à proposer au public une vision élargie du spectre de la Drum & Bass, avec une place essentielle accordée au ‘Future Beat/Half Time’, mais aussi à une D&B plus orientée dancefloor. La présence de l’hydre à deux têtes SHADES et des superstars Delta Heavy lors de la première édition, donnait le ton d’entrée de jeu.
Et le propos ne s’arrête pas seulement à la musique. Gleam c’est aussi un univers visuel qui démarre dès la parution du flyer, avec IAMSAILOR aux pinceaux délivrant des illustrations moyenâgeuses semblant sortir directement de grimoires obscures. Tandis qu’une fois sur place, le public est confronté aux diableries gothico-futuristes concoctées par Kasaey, nouveau chef d’orchestre attitré du Vjing. Le tout bien évidemment sublimé par la qualité incomparable du soundsystem du Bikini.
Le cadre étant donné, retour sur cette soirée riche en émotions et en basses fréquences.

Nous franchissons les portes à 23h, et c’est alors à Void One d’ouvrir les hostilités pour un warm up d’une heure.
Le DJ/Producteur toulousain prend le parti d’un début de set mêlant Hip-Hop et Half Time bien mixée et raccord avec le thème des soirée Gleam, avant de switcher sur une deuxième partie plus virulente orientée Drum & Bass. Des titres récents de IMANU ou Enei résonnent et entraînent le public qui commence à arriver sur la piste.
C’est sur un double drop avec le classic ‘Meant To Be (InsideInfo Remix) et un titre de sa propre composition que Void One termine sa prestation.

 

Il est minuit quand Vici, accompagné de sa partenaire Miss Understood au micro, s’élance dans une belle performance, atypique dans le fond, mais efficace dans la forme. La vocaliste pose avec fluidité en ce début de set, qui démarre en douceur avec notamment ‘True Romance’ et autres bon titres liquid.
Le grenoblois enchaîne les tracks avec une aisance technique remarquable et déballe au public un large spectre de ce que la Drum & Bass a de meilleur à offrir. La tension monte tout au long du set au point que résonne un double drop dévastateur avec ‘Mutant’ de Bungle et ‘Block Control’ de Noisia (juste pour vous donner une petite idée de la chose), au plus grand plaisir du public !

 

L’ambiance étant montée d’un cran, c’est au tour de Subp Yao de prendre place.
Le hollandais signé chez Methlab propose au Bikini un univers dark et futuriste à souhait. Tandis que les basses grondent au rythme des breaks tantôt Half Time tantôt Dark Jungle, le Vjing de Kasaey accentue la pression.
Le choix de la programmation d’un artiste de ce genre semble rencontrer son succès, à en juger par les exclamations et bass faces des ravers. On a déjà l’impression d’avoir assisté au set de la soirée quand l’artiste y met fin.

 

Sans transition, et à grand renfort de basses assourdissantes, Ivy Lab, représenté par Sabre, entre alors en piste face à un dancefloor rempli, venu écouter la grande messe du porte étendard de la vague Future Beat.
On assiste alors à un récital de l’artiste : entre classics tels que ‘Sunday Crunk’ ou ‘Shamrock’ et quelques nouveautés, plus aériennes, issues de leur ‘Stars’ EP, l’ambiance oscille tout en restant entraînante. Quitte à perde une petite partie du public, Sabre reste vrai, sourire aux lèvres et affiche une énergie débordante derrière les platines.
La collab avec Two Fingers ‘Orange’ retenti en fin de set, mettant cette fois tout le monde d’accord.

 

La soirée prend un virage à 90° lorsque Tantrum Desire s’installe aux commandes. L’heure a sonné, et l’alarme incendie a aussi failli !
Après six années d’absence des line up toulousains, le producteur londonien s’élance dans un marathon d’une heure au court duquel il présentera son dernier EP ‘Blue Moon’ mais surtout la dernière compilation du label ‘Technique Recordings’. Intros épiques et double drops explosifs seront le tarif infligé au public, qui exulte et (re)trouve ici une vibe aux saveurs des années ‘dancefloor‘. Les enchaînements technique pleuvent, et ‘Timewarp VIP’ ou cet edit DnB de ‘TNGHT – Higher Ground’ mettent le feu aux poudres, pour notre plus grand plaisir !

 

Nous sortons alors quelques minutes reprendre notre souffle avant de retourner une dernière fois nous frotter au son. Place au closing, avec le jeune prodige de toujours : Joe Ford.
Ce dernier assume son rôle : il ferme la marche avec un set violent et sans concession, à l’image de ses dernières sorties sur Eatbrain, contrastant avec le côté plus groovy et coloré que nous avions l’habitude d’entendre ces dernières années sur Shogun Audio. Blej (Fade Black Remix) retenti, et manque de créer une faille dans le sol du Bikini. Calm down Joe..!
Toujours aussi souriant et sympathique, il prendra le temps de remercier les derniers présents dans la salle à grand coup de poignées de mains et selfies, marquant un peu plus au fer rouge l’esprit de ses fans.

Avec cette deuxième édition, l’équipe de Regarts entraînée par leur mystérieuses égéries ‘Gleam Burton’ et ‘Edgar Hallow’, transforme l’essai.
Le concept se veut ambitieux de part l’éclectisme des plateaux proposés et l’esthétique qui gravite autour.
Le mélange de ces deux univers très distincts, half time et dancefloor, perturbe les habitudes des clubbeurs, invités d’ordinaire à des line up plus ‘homogènes’.
Cela devrait aussi à l’avenir inciter le public à se renseigner sur les artistes programmés. On ne doute cependant pas qu’il faudra à Gleam encore quelques sessions afin d’affirmer ce parti pris.
Ce qui est sûr, c’est que comme pour toutes initiatives visant à enrichir le panel de soirées DnB/Bass Music en France, nous apporterons notre soutien !

 

Damien ‘Combine’ & Thomas ‘Optimist’Beat’