Après avoir découvert il y a 2 ans l’existence de ce festival et après y avoir gouté l’année dernière, on était bien décidé à remettre le couvert pour cette nouvelle édition qui était prévue sur 3 jours, contre 2 auparavant.
Un festival plus long donc, mais aussi plus gros, le site a été déplacé pour passer d’une ancienne caserne militaire à l’aéroport militaire de Milovice cette année (30min de la capitale, Prague).

Nouveauté de taille aussi pour cette édition en termes de répartition des scènes, alors que la Main Stage était réservée à 2 des labels les plus populaires du mouvement Drum & Bass l’année passée: RAM et HOSPITAL RECORDS. Cette saison des labels nights sont bien au programme mais sur d’autres scènes et les labels choisis sont un peu plus variés : EATBRAIN, METALHEADZ, BLACKOUT, CRITICAL, PLAYAZ et SHOGUN. Au niveau des scènes, on regrette tout d’abord que la « Main Stage » n’ai pas été ouverte dès le premier soir, nous qui attendions une cérémonie d’ouverture digne de ce nom dès notre arrivée, il n’en sera rien. Deux « opening show » ont quand même été donnés le vendredi et le samedi, mais bien trop court à notre goût et surtout 2 copies conforme, un peu dommage, surtout comparé à ce qu’on avait pu voir l’année dernière sur une scène bien plus imposante.

Mis à part cette scène principale, on retrouve la « Madhouse Stage » pour les labels nights METALHEADZ, CRITICAL et SHOGUN. Un chapiteau fermé pas très grand, parfaitement sonorisé avec un système « Funktion One » pour accueillir une Drum & Bass très deep et technique. Les labels EATBRAIN, BLACKOUT et PLAYAZ ont eux été placés sur une scène extérieure avec un jeu visuel assez massif et une capacité bien plus importante : la « Factory Stage ». D’autres plus petites scènes ont aussi été prévues pour varier un peu les plaisirs avec de la Bass Music, de la jungle et de la techno ou pour faire jouer les DJs locaux.

Pour notre premier soir, on commence par QO & COMPUTERARTIST, très grosse entrée en matière, de la violence à l’état pur. On reste voir le début du set du prometteur bulgare L33, malgré un petit pain en début de set le mix est intéressant, alliant pépites neuros et tracks plus dancefloor. Par la suite, on va se réfugier en intérieur dans la « Madhouse » pour du son un peu plus deep avec D-BRIDGE et on peut dire qu’on est conquis par le pionnier d’Exit Records qui nous transporte littéralement dans une atmosphère très planante et progressive. C’est dans cette salle bien confinée qu’on assiste ensuite au set du patron de METALHEADZ, le légendaire GOLDIE. Puis on retourne sur la scène Eatbrain pour MAZTEK qui nous régale d’un set ultra violent et bien travaillé. Au tour de MINDSCAPE, qui après 30min se fait rejoindre par le boss du label, JADE, pour nous gratifier d’un B2B d’exception jusqu’au levé du soleil, magnifique final!

Le lendemain après-midi on fait le tour des différentes activités proposées sur le site du festival : démo de skate, bumper football, water skateboarding, etc. (le tout en musique bien sûr) Pas le temps de s’ennuyer au Let It Roll. On apprendra même plus tard que des workshops avec des producteurs et DJs (dont Icicle) ont eu lieu les après-midi, dommage qu’on ai pas été au courant en temps voulu…

Pour commencer la soirée du vendredi, on se rend sur la « Main Stage » (fermée le jeudi) pour une introduction tout en douceur avec la liquid d’ETHERWOOD, juste parfait pour se mettre dans le bain au coucher du soleil. Ensuite, on va suivre le set d’IVY LAB, sons deeps et léchés au programme. On retourne ensuite manger un peu de bangers avec DC BREAKS, puis METRIK sur la grande scène, le tout accompagné par des feux d’artifices sur la plupart des drops, on en prend plein les yeux. Histoire de goûter un peu de neuro, on va faire un tour sur la scène BLACKOUT pour voir les mastodontes de BLACK SUN EMPIRE, ça déroule, pas vraiment de répit dans le set des hollandais. De retour dans la salle dédiée à CRITICAL pour voir l’autrichien MEFJUS, qui nous fait grâce de ses meilleurs productions si particulières dont lui seul à le secret, mixées à la perfection avec d’autre tueries du genre. Nouvelle virée sur la grande scène pour voir la fin du set de SPOR (lui qui est revenu dans le milieu D&B après une longue période d’absence), le set est honnête mais on assiste surtout à un récital des tracks de son dernier album. On assiste ensuite à un grand moment de ce festival selon nous, la prestation du mythique ED RUSH, même sans son acolyte OPTICAL, il nous sert un set magnifiquement puissant et dynamique! On va ensuite découvrir la scène techno, histoire de nous remettre de nos émotions et de vibrer un peu à un BPM un peu moins soutenu. Le retour aux affaires à 175BPM ne se fait pas attendre bien longtemps, avec Jakob de NEONLIGHT pour un finish plein de violence encore une fois. (à noter qu’on avait préféré la prestation de l’autre moitié du duo, Tobias, l’an dernier)

Pour commencer notre samedi, on part sur le même schéma que la veille pour une parfaite entrée en matière liquid avec HYBRID MINDS et son MC qui ont l’air d’apprécier autant que nous ce moment magique. On regarde par la suite un peu l’intro de FRICTION, puis on va retrouver de la liquid dans la « Madhouse » (réservée à SHOGUN AUDIO ce soir là), avec le duo SPECTRASOUL, qui nous offre un mix tout en douceur, on adore, on adhère. Ensuite, c’est au tour d’ICICLE et son ENTROPY LIVE qu’on attendait beaucoup, mais on repart déçus après 5min suite à des problèmes de sons, pas de temps à perdre au Let It Roll! Et notre choix aura été bon car on opta pour la scène PLAYAZ avec ORIGINAL SIN et son set d’une qualité irréprochable, à grosse dominante jump up, cassage de jambe inévitable. Retour sur la « Main Stage » pour voir Mister ANDY C, le set est comme à son habitude quasi parfait, un mix de dubplates, de bangers et de tracks old school mythiques. Le tout mixé entre un nombre de prise de photos impressionnant, easy Andy! C’est au tour de JOE FORD de nous montrer de quoi il est capable, et c’est dans un chapiteau moitié rempli que le jeune poulain de SHOGUN nous sort un set technique à base de sons deep/neuro très réussi. On reste sur FRICTION pour son 2ème set de la soirée, pas orienté dancefloor comme à son habitude, mais plutôt dans un style proche du mix de JOE FORD, pas forcément convaincant. Peut être en manque de dancefloor, on rectifie directement le tir avec THE PROTOTYPES, pour découvrir quelques dubplates du duo, dont le fameux « Pop It Off VIP » qu’on risque d’entendre beaucoup dans les mois à venir. Rendez-vous ensuite devant A.M.C., remplaçant de dernière minute de BREAK, nouvelle qu’on aura appris grâce à un ami resté en France. On notera un manque de communication pour ce remplacement, qui en a déçu certains dans le public.  Le set du patron de TITAN est sans surprise, ultra dynamique et péchu. Le finish de ce festival se fera avec A-CRAY, jeune et très prometteur producteur tchèque. Découverte vraiment surprenante avec un mix de très bonne facture.

Je pense que vous aurez compris en lisant ces lignes qu’on a été convaincu par ce festival, avec un line-up de cette qualité il aurait été difficile d’être déçu en même temps. Le fait de vivre un festival 100% dedié à la Drum & Bass apporte une saveur particulière qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, savoir que tout le monde est réuni pour cette même musique qui nous fait tant vibrer, c’est beau.
On aura tout de même quelques petits regrets, notamment le fait d’avoir du faire des choix très difficiles pour les artistes qu’on devait voir. On regrette par exemple d’avoir manqué Optiv & BTK, Lenzman, State Of Mind, Enei, Audio, Technimatic, Dillinja et bien d’autres.
Pour finir, si vous aimez vraiment la Drum & Bass et que vous n’avez jamais assisté à ce festival, on ne peut que vous conseillez d’aller y faire un tour début août 2016 pour découvrir et vivre par vous même le plus gros rassemblement 100% D&B du monde.

© Photos : David Beltramelli