Dimanche dernier, la nouvelle est tombée. Une photo noir et blanc accompagnée d’un sobre message, postée sur la page facebook de l’artiste, nous informait que l’on témoignait alors de la fin de Cyantific. Si l’inquiétude a pu nous traverser un instant -le monde de la DNB n’étant pas épargné par les disparitions ces dernières années- , le principal intéressé a rapidement tenu a rassurer ses fans, précisant simplement qu’il allait bien mais que l’aventure arrivait ici à son terme. Sans plus d’explication sur ces motivations. Nous ne ferons donc pas dans la spéculation, mais plutôt dans la rétrospective. Hommage à ce grand nom de la Drum&Bass, qui a su traverser les époques et participer à l’évolution du genre, à grand renfort d’intros épiques et de drops intemporels !

Premièrement, il faut savoir que Cyantific est à la base un duo formé de Jonathan Stanley avec Matt Whitehead, qui officie aussi brièvement en parallèle sous le pseudonyme de CydeFX. Jonathan devient rapidement la figure publique de la formation, il écume rapidement les clubs anglais et européens, Matt préférant s’en tenir à la production, en « homme de l’ombre ». Leur collaboration prend fin en 2009/2010, le premier restera jusqu’à aujourd’hui seul maître à bord, tandis que le second préfèrera s’orienter vers l’Electro et la Techno.

Deuxième anecdote : en solo Jonathan Stanley se présente un temps sous l’alias Dphie. Si ce nom ne vous dit peut-être rien, notez simplement qu’il est le producteur qui inaugure le catalogue d’un certain label, Critical Music. Le single survitaminé « Five Faces / Evolve.2″ sort en 2002 !

Cyantific entre par la grande porte et signe son premier single « Be True / Heart Beating » en 2003 sur le déjà immense Hospital Records de London Elecktricity.
Le duo fait alors ses lettres de noblesse sur le label et se construit rapidement une réputation. S’imposant comme un des pilier de la DNB dite « dancefloor », mélodique et énergétique.

Cyantific est aussi connu pour sa dextérité aux platines (il a d’ailleurs toujours défendu sa préférence pour les decks de chez Denon), sa précision dans le mixage et sa capacité à construire des hymnes taillés pour faire skanker les foules, ont permis de lui faire une réputation d’excellent DJ, et de faire le tour du monde.

Il fait partie d’un petit groupe de producteurs qui peuvent se vanter avoir publié à la fois sur Hospital, RAM et Viper, la sainte trinité de la Drum&Bass mainstream.
En 2006, Cyantific a sorti son premier album, « Ghetto Blaster » sur Hospital Records, et remporte à cette occasion le prix BBC 1Xtra ‘Best Newcomer DJ’ en 2007.
Il lance son propre label « Cyantific Music » en 2010 comme un moyen pour lui de vraiment pousser son éthique D.I.Y. Pratique courante de nos jours mais pas si évidente à l’époque.

2012 a vu ses amis Wilkinson et Snapclicker aider Jon dans la construction du laboratoire CYN où ses compétences à la fois en tant que sélectionneur de talents et producteur solo transparaissent.
Géré depuis leur laboratoire souterrain du sud-ouest de Londres, CYN vise à livrer des concoctions musicales nucléaires illuminant les pistes de danse du monde entier. La publication d’œuvres de jeunes artistes tels que Dimension, Karma et Dub Motion a cimenté la philosophie « To Search, To Discover, To Develop ».
Alors que des sorties comme « Liberty EP », « Ice Cream » et « Defect » ont cimenté son statut de l’un des principaux producteurs techniques de la scène, sa musique a été soutenue par Steve Aoki à Annie Mac et Andy C à MistaJam.
En novembre 2014, Cyantific a rejoint Viper Recordings alors à son apogée et sur le point de célébrer leur 10e anniversaire avec l’album ‘Decade of Viper’, où Cyantific a fait ses débuts officiels sur le label avec le titre Bring You Love’ extrait de la VA.
Une fois qu’il a rejoint Viper, Cyantific connait l’une des plus grandes années de sa carrière puisqu’il a sorti trois singles remarqués avec ‘High Water Mark’, ‘Colour In The Shadows / No More Heroes’ et ‘Outatime’ (avec ‘High Water Mark’ & ‘ Outatime’ #1 sur Beatport).

S’en suite en 2018 la sortie de Bloodline LP, long de 17 tracks, un son et une pochette inspirée des années 80, l’album regorge de synthés vibrants et d’un sentiment de nostalgie qui est devenu avec le temps caractéristique du producteur. L’album compte une poignée de collaboration de renom dont ShockOne, DC Breaks et BMotion.

Cyantific a également été l’un des remixeurs les plus demandés et reconnus avec des remixs officiels pour des artistes de poids tels que : Netsky, Lomax & Bcee, Aquasky, Wilkinson, London Elektricity, Total Science, Matrix & Futurebound , Brookes Brothers et Drumsound & Bassline Smith.

Il fonde même en 2020 son propre label Cyantific Discovery, dédié à promouvoir ses propres productions. L’occasion pour lui de nous offrir un mini-album très personnel intitulé « Discovery Vol.1″ qui par la force des choses, sonne aujourd’hui comme sa dernière donation majeure à cette musique qui l’a fait grandir.

En 2021, Cyantific signe deux singles sur Viper : Woman et Falling Appart. Côté remixes, il s’attaque à Into You (ft. Imogen Storey) de Terror sur Spearhead issu de la compil Moodswings 3. Enfin, il voit son classic Don’t Follow en feat. avec la légendaire et regrettée Diane Charlemagne, sorti quinze ans plus tôt, passer entre les mains de Unglued à l’occasion de la compilation des 25 ans de son label de coeur : Hospital.

La team DNB France a sélectionné, en toute subjectivité assumée, un échantillon des ce que l’on peut considérer comme les best tracks tirées de l’immense discographie de l’artiste, le maestro, le scientifique ! 19 années retracées en 19 titres :

 

Damien ‘Dibby’